Anne Hidalgo claque la porte de Twitter : « vaste égout mondial »

Par Maxime le 28 novembre 2023 à 19h13

Le 27 novembre 2023, Anne Hidalgo a annoncé publiquement son départ de Twitter. La maire de Paris l’a fait via un communiqué posté sur le réseau lui-même, doublé d’une tribune dans Le Monde. La formule qu’elle a retenue pour qualifier la plateforme résume assez bien sa position : « vaste égout mondial ». Pas dans la dentelle, mais efficace.

Les raisons invoquées tiennent en deux mots : manipulation et désinformation. Hidalgo estime que Twitter s’est progressivement éloigné de ce qu’il était à l’origine, et qu’il est maintenant instrumentalisé de façon trop régulière pour des campagnes de déstabilisation. Elle y voit une contradiction trop forte avec ses valeurs affichées de transparence et d’honnêteté, et a choisi d’en tirer les conséquences plutôt que de rester présente tout en critiquant la plateforme depuis le dedans.

Ce qui est intéressant, c’est le timing. Quinze jours avant cette annonce, Hidalgo avait discrètement ouvert une chaîne d’actualités sur WhatsApp. Ce n’était donc pas un coup de tête : c’était une transition préparée, avec un autre canal de communication déjà en place pour assurer la continuité. WhatsApp offre un format fermé, sans algorithme de recommandation ni amplification virale incontrôlée, ce qui répond en partie aux griefs formulés contre Twitter.

Le choix de WhatsApp laisse quelques questions ouvertes, puisque la messagerie appartient à Meta, un groupe qui a lui-même eu ses propres démêlés avec la désinformation et la gestion des données. Mais c’est une plateforme avec un public choisi et des échanges plus ciblés, ce qui tranche radicalement avec la chambre d’écho ouverte que peut représenter Twitter lors d’une polémique ou d’une crise politique.

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Ce départ s’inscrit dans un mouvement plus large. Depuis le rachat de Twitter par Elon Musk fin 2022, une partie des personnalités politiques, des journalistes et des intellectuels ont réduit leur présence sur la plateforme ou l’ont quittée. Mastodon et Bluesky ont enregistré des hausses d’inscriptions à chaque nouvelle polémique autour de la modération et des conditions d’utilisation. Hidalgo n’est donc pas la première, et probablement pas la dernière élue à franchir ce pas.

Pour la communication politique, afficher un refus de jouer le jeu d’une plateforme jugée toxique est aussi un message adressé à un électorat sensible aux questions de liberté d’expression et de manipulation de l’information. Calculé ou sincère, et probablement les deux à la fois, le geste a généré exactement la couverture médiatique attendue.

Le sujet des réseaux sociaux et de leur emprise sur le débat public n’est pas prêt de disparaître de l’agenda politique. Les élus, les journalistes et les chercheurs s’y confrontent chaque jour davantage, et les choix de présence ou d’absence sur ces plateformes sont devenus des actes politiques à part entière.

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