Douze étoiles bleues de l'Union européenne en cercle autour d'une puce électronique stylisée, illustration de la régulation de l'IA

L’IA Act passe un cap ce 2 août, et les chatbots doivent enfin avouer qu’ils sont des IA

Par Maxime le 2 août 2026 à 12h12

Depuis ce 2 août 2026, une nouvelle salve d’obligations du règlement européen sur l’intelligence artificielle, l’IA Act, entre en application. Un chatbot ou un assistant conversationnel doit désormais vous signaler clairement que vous parlez à une machine, pas à un humain. L’exception tient quand c’est déjà évident, mais dans le doute, la transparence devient la règle.

Même logique pour les contenus fabriqués par une IA. Les images, les sons et les textes générés ou fortement retouchés, deepfakes compris, doivent être identifiables comme tels, soit par un marquage technique glissé dans le fichier, soit par une mention visible. L’idée est simple : que vous puissiez savoir, d’un coup d’œil, si ce que vous regardez sort d’un vrai appareil photo ou d’un modèle génératif.

Cette échéance touche aussi les modèles dits généralistes, ceux qui font tourner ChatGPT, Gemini ou Claude. La Commission européenne récupère de vrais pouvoirs de surveillance sur leurs fournisseurs : elle peut réclamer des informations, éplucher la documentation, et sanctionner. En France, plusieurs autorités se partagent la casquette de gendarme, dont la CNIL, la DGCCRF et l’Arcom.

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Côté sanctions, les montants ont de quoi refroidir. Pour un usage d’IA carrément interdit, l’amende peut grimper jusqu’à 35 millions d’euros ou 7 % du chiffre d’affaires mondial, le plus élevé des deux étant retenu. La non-conformité d’un système à haut risque plafonne à 15 millions d’euros ou 3 %, et un simple défaut de documentation à 7,5 millions ou 1,5 %. On parle bien de pourcentages sur le chiffre d’affaires planétaire, pas sur le bénéfice.

Tout ne bascule pas d’un coup, quand même. Les services déjà en place avant ce 2 août ont jusqu’au 2 décembre 2026 pour se mettre en règle. Et les systèmes à haut risque, ceux qui trient des CV, décident d’un crédit ou reposent sur la biométrie, ne seront réellement encadrés qu’en 2027 et 2028.

Pour l’utilisateur, le changement le plus visible sera cette petite étiquette qui devrait accompagner de plus en plus de contenus et de conversations automatisées. Ça ne réglera pas tout, la désinformation produite à la chaîne ne va pas disparaître par magie. Mais savoir quand on a affaire à une IA plutôt que de le deviner, c’est déjà une base saine. Le tout, c’est que les plateformes jouent le jeu au-delà du strict minimum légal.

Crédit photo : Illustration générée par IA