Des hackers ukrainiens revendiquent l’effacement de 47 To de données chez un fabricant de drones russe
La guerre se joue aussi à coups de lignes de commande. Un collectif de hackers ukrainiens baptisé BO Team, épaulé par la Cyber Alliance ukrainienne et le renseignement militaire de Kiev, affirme avoir mené une attaque massive contre Gaskar Group, l’un des principaux fournisseurs de drones de l’armée russe.
Le bilan revendiqué donne le vertige. Plus de 250 systèmes auraient été détruits, dont 46 serveurs virtuels et plus de 200 postes de travail. Les assaillants disent avoir effacé 47 téraoctets de données d’entreprise, auxquels s’ajoutent 10 téraoctets de sauvegardes supprimés. Histoire de couper toute possibilité de restauration rapide. Des données personnelles d’employés auraient également été récupérées au passage.
L’objectif est limpide : paralyser la production de drones russes, devenus une pièce centrale du conflit. Les attaques quotidiennes par essaims de drones sur les deux fronts ont transformé ces engins en consommables stratégiques, et viser l’usine plutôt que les appareils eux-mêmes, c’est frapper la source. Les hackers affirment avoir « saisi l’intégralité du réseau et de l’infrastructure de serveurs » de la société.
Détail intéressant, les données récupérées suggéreraient une assistance chinoise apportée à Gaskar Group, à la fois pour la production et pour la formation. Une information à prendre avec des pincettes, puisqu’elle émane directement des attaquants, qui ont tout intérêt à mettre en avant ce type de révélation. Comme souvent dans ce genre d’opérations, les chiffres avancés sont impossibles à vérifier de façon indépendante.
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Ce qui est sûr, c’est que cette offensive s’inscrit dans une logique de plus en plus assumée. Les groupes de hacktivistes ukrainiens revendiquent ouvertement leurs coups, avec un volet communication soigné, là où ce type d’opération restait autrefois dans l’ombre. La frontière entre cybercriminalité, hacktivisme et action militaire coordonnée n’a jamais été aussi floue.
Pour une entreprise, perdre 47 To de données et l’essentiel de son infrastructure serveur représente des semaines, voire des mois de remise sur pied, surtout si les sauvegardes ont effectivement été ciblées. C’est tout l’intérêt de cette stratégie : on ne détruit pas une usine avec un missile, on la met à l’arrêt en s’attaquant à ce qui la fait tourner.
Reste une certitude qui dépasse le cadre du conflit. Une infrastructure industrielle mal segmentée, avec des sauvegardes accessibles depuis le même réseau que les machines de production, c’est une cible de rêve. La leçon vaut bien au-delà des champs de bataille, pour n’importe quelle entreprise qui pense que ses backups la mettent à l’abri.
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