Dua Lipa

Dua Lipa et Elton John perdent leur bras de fer avec le Parlement britannique sur l’IA

Par Alice le 28 juillet 2025 à 9h55

Le Parlement britannique a tranché, et pas en faveur des artistes. Le projet de loi sur les données et l’IA vient d’être adopté sans l’amendement que réclamait toute une partie de la scène musicale. Elton John, Paul McCartney, Dua Lipa et bien d’autres s’étaient pourtant mobilisés pendant des semaines pour le défendre, à coups de tribunes et de prises de parole publiques. Sans succès.

Ce que demandaient les artistes était assez simple sur le papier : obliger les entreprises d’IA à déclarer les oeuvres protégées qu’elles utilisent pour entraîner leurs modèles. Pas d’interdiction, pas de taxe, juste de la transparence. Aujourd’hui, personne ne sait vraiment quelles chansons, quels textes ou quelles images ont servi à nourrir les algorithmes des géants de la tech. Et sans cette information, impossible pour un créateur de faire valoir ses droits ou de réclamer la moindre compensation.

Le gouvernement britannique a vu les choses autrement. Pour lui, imposer ce genre d’obligation reviendrait à freiner un secteur qu’il juge vital pour l’économie du pays. Le ministère des Sciences et de l’Innovation a insisté sur les bénéfices attendus de la loi : une meilleure exploitation des données pour la santé publique, pour les infrastructures, et plus largement la capacité du Royaume-Uni à rester compétitif face aux États-Unis. En clair, pas question de mettre des bâtons dans les roues des entreprises d’IA au nom du droit d’auteur.

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La baronne Kidron, à l’origine de l’amendement rejeté, ne décolère pas. Elle parle d’un renoncement pur et simple aux principes du droit d’auteur. Owen Meredith, de la News Media Association, annonce déjà de nouvelles batailles, juridiques ou politiques. Bref, le texte est voté, mais le conflit, lui, est loin d’être réglé.

Car cette mobilisation a laissé des traces. C’est la première fois que des artistes de cette envergure montent au créneau ensemble contre les pratiques des entreprises d’IA. Et la question dépasse largement le Royaume-Uni : elle se pose aussi en Europe, aux États-Unis et partout où des modèles sont entraînés sur des contenus protégés sans autorisation explicite.

Le projet de loi contient d’autres mesures, comme l’accès aux données d’une personne après son décès ou une cartographie 3D des réseaux souterrains du pays. Mais c’est bien le volet IA qui aura concentré toute l’attention pendant les débats. Les artistes ont perdu cette manche, pas la partie. On peut parier que le sujet reviendra sur la table, au Royaume-Uni comme ailleurs, et sans doute plus vite que prévu.

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