X publie enfin un rapport de transparence pour l’Europe, mais évite soigneusement le vrai sujet

Par Maxime le 3 mai 2025 à 9h27

Sous la pression de Bruxelles, X, l’ex-Twitter d’Elon Musk, a fini par publier son rapport de transparence européen. Un document attendu, exigé par le règlement sur les services numériques, le fameux DSA entré en vigueur en février 2024. Le geste a tout de la concession arrachée. Sauf que, à la lecture, le réseau social s’est arrangé pour parler de tout sauf de l’essentiel.

Le rapport couvre la période d’octobre 2024 à mars 2025 et détaille les efforts de modération de la plateforme sur le continent. X affirme y consacrer plus de 1 480 personnes, travaillant en continu et dans plusieurs langues. La société met en avant ses outils : modèles de traitement du langage, détection automatique d’images et repérage de schémas récurrents pour traquer les contenus illicites.

Quelques chiffres concrets émergent. Pour la France, le rapport recense 13 demandes officielles de retrait de contenus illégaux sur la période, traitées dans 90 % des cas en moins de trois heures. Des données plutôt flatteuses, qui dessinent l’image d’une plateforme réactive.

Le problème, c’est ce que le document ne dit pas. Le DSA ne se limite pas à la chasse aux contenus illégaux, il impose aussi une transparence sur les algorithmes. Or, sur ce terrain, le rapport de X reste muet. Rien sur le fonctionnement du système de recommandation qui décide de ce que vous voyez dans votre fil. Rien sur la personnalisation des contenus, rien sur les logiques de ciblage publicitaire, rien sur les mécanismes de viralité ni sur les risques de manipulation de l’opinion.

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C’est précisément le cœur des inquiétudes des régulateurs européens. Comment un contenu devient-il viral, comment l’algorithme amplifie-t-il certains messages plutôt que d’autres, quel rôle joue la plateforme dans la diffusion de la désinformation, en particulier en période électorale. Autant de questions de fond que X esquive en traitant la régulation uniquement sous l’angle du contenu illicite, le plus facile à documenter.

La Commission européenne a justement ouvert plusieurs enquêtes visant X, notamment sur cette opacité algorithmique et sur la fiabilité de sa modération. Le réseau social risque des amendes pouvant atteindre 6 % de son chiffre d’affaires mondial en cas de manquement avéré.

En clair, X coche la case du rapport obligatoire, mais sur le minimum syndical. Une manière de gagner du temps face à un régulateur qui, lui, n’a pas l’intention de lâcher l’affaire. La suite se jouera devant les services de la Commission.

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