À Madrid, les passerelles d’embarquement se branchent toutes seules à l’avion

Par Maxime le 10 mai 2025 à 6h50

L’aéroport de Madrid-Barajas vient de réussir un pari technique inédit : automatiser entièrement ses passerelles d’embarquement, ces tunnels mobiles qui relient le terminal à la porte de l’avion. Plus besoin d’un agent aux commandes pour manœuvrer l’engin et l’accoler précisément au fuselage. La machine s’en charge seule.

Le système repose sur des caméras stéréoscopiques, qui restituent la profondeur comme deux yeux humains, couplées à de l’intelligence artificielle. La passerelle détecte la position exacte de l’appareil, calcule sa trajectoire et vient se connecter à la porte sans intervention physique. L’ensemble est piloté à distance depuis des salles de contrôle, un opérateur pouvant superviser plusieurs passerelles en même temps.

La technologie a été développée par l’allemand TK Elevator, spécialiste des solutions de transport vertical et horizontal, plus connu pour ses ascenseurs et escalators. Le chantier n’a rien d’anecdotique : 129 passerelles télescopiques ont été remplacées entre juin 2024 et février 2025. Madrid devient ainsi le premier grand aéroport international à déployer ce dispositif sur la totalité de ses installations, et le premier au monde à le faire sur ses cinq terminaux.

L’intérêt, au-delà de l’effet vitrine, est opérationnel. Le branchement automatisé est censé être plus rapide, plus sûr et plus régulier qu’une manœuvre manuelle, où l’erreur humaine peut endommager l’avion ou retarder le débarquement. Moins de temps perdu au sol, c’est mécaniquement plus de rotations possibles et des retards limités.

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Le gestionnaire de l’aéroport, AENA, n’est pas un acteur mineur. L’entreprise pilote 46 aéroports espagnols et a vu transiter 369 millions de passagers en 2024. Elle a annoncé un programme d’investissement présenté comme le plus important d’Europe pour ses infrastructures, dont cette automatisation n’est qu’un volet.

L’initiative attire déjà du monde. Une quinzaine de compagnies aériennes et d’aéroports internationaux étudieraient le modèle madrilène pour l’adapter chez eux. Les prochaines plateformes à franchir le pas n’ont pas encore été dévoilées, mais le mouvement semble lancé.

Reste une question que ce genre d’avancée soulève toujours : la place de l’humain. Automatiser les passerelles, c’est aussi, à terme, réduire le nombre d’agents au sol affectés à cette tâche. Les aéroports parlent de redéploiement vers d’autres missions plutôt que de suppressions de postes. La promesse est connue, on jugera sur pièce. En attendant, le voyageur, lui, ne verra qu’une chose : un embarquement potentiellement plus fluide.

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