Microsoft détache Teams d’Office en Europe, sous la pression de Bruxelles

Par Maxime le 2 avril 2024 à 15h13

Microsoft a fini par céder : Teams ne sera plus livré d’office avec ses suites bureautiques en Europe. La décision répond directement aux inquiétudes de la Commission européenne, qui reprochait à l’éditeur de fausser la concurrence en glissant systématiquement son outil de visioconférence dans Office 365 et Microsoft 365. Le changement concerne les clients de l’Espace économique européen et la Suisse.

Dans les faits, Teams devient une offre indépendante, qu’il faut désormais choisir séparément. Pour les clients qui possèdent déjà un abonnement, Microsoft applique une réduction de 2 euros par mois sur les suites désormais vendues sans Teams. Quant à l’outil seul, il est proposé à 5 euros. L’éditeur en profite aussi pour promettre une meilleure intégration des applications concurrentes et tierces dans ses suites, ainsi qu’une nouvelle façon d’héberger les applications web d’Office.

Côté tarifs entreprise, la grille bouge logiquement. Les nouvelles offres sans Teams démarrent à 7,40 euros pour Office 365 E1 EEA et grimpent jusqu’à 57,70 euros pour Microsoft 365 E5 EEA. Pour les gammes Business et Frontline, Microsoft maintient les offres existantes intégrant Teams, mais ajoute en parallèle des versions sans l’outil, facturées un peu moins cher. De quoi laisser le choix aux entreprises selon qu’elles utilisent Teams au quotidien ou pas du tout.

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Le calendrier est clair : la séparation s’applique à partir du 1er octobre. L’idée affichée par Microsoft est de donner plus de souplesse aux clients tout en se conformant aux exigences réglementaires du Vieux Continent. Derrière le discours, c’est surtout une concession arrachée par Bruxelles après plusieurs mois de tensions sur ce dossier.

Pour comprendre l’enjeu, il faut se souvenir que Teams a connu une croissance spectaculaire, portée justement par sa présence automatique dans des suites utilisées par des millions de salariés. Les concurrents, à commencer par Slack, ont longtemps dénoncé un bundle déloyal : difficile de rivaliser quand l’outil rival est déjà installé et inclus dans le prix. En dissociant les deux, Bruxelles espère rééquilibrer un marché de la communication d’entreprise largement dominé par Microsoft.

Reste à voir si la mesure changera vraiment les habitudes. Beaucoup d’organisations ont bâti leurs réunions, leurs canaux et leurs fichiers partagés autour de Teams, et un écart de quelques euros ne suffira pas forcément à les faire migrer ailleurs. La concurrence récupère un terrain de jeu plus équitable, mais l’inertie des usages reste un sacré obstacle. La suite dépendra surtout de la capacité des alternatives à convaincre des clients déjà bien installés.

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