Pourquoi ces adaptateurs réseau 10 Gbit/s en cuivre chauffent jusqu’à perdre des données
Un module à peine plus gros qu’une clé USB qui chauffe au point de se décolorer et de laisser tomber des paquets de données : c’est le constat d’une autopsie technique publiée sur Hackaday, à partir d’une vidéo de la chaîne This Does Not Compute.
L’objet, c’est un transceiver SFP+. Une petite cartouche qu’on glisse dans la fente prévue d’un switch réseau ou d’une carte. Celui-ci convertit le SFP+ en RJ45, le connecteur Ethernet classique, pour brancher un NAS (le boîtier de disques durs partagé sur le réseau) en 10 Gbit/s sur du simple câble cuivre.
Sur le papier, l’idée séduit. Elle évite de tirer de la fibre optique partout et permet de réutiliser le câblage Ethernet déjà présent dans la maison. De quoi attirer les bricoleurs réseau et tous ceux qui montent leur propre serveur à domicile. En pratique, ça chauffe énormément.
Le coupable, c’est la puce PHY, le composant qui gère la transmission du signal sur le câble. Ici un Marvell Alaska X 88X3310, coiffé d’un petit dissipateur métallique. Sauf que l’ensemble tient dans un volume minuscule et fermé, sans le moindre flux d’air pour évacuer la chaleur.
Les modules de la marque FS montaient à plus de 40 °C au repos, avec une décoloration visible du boîtier. Après une utilisation prolongée, ils se mettaient à perdre des trames, ces paquets qui transportent vos données. La consommation explique tout : environ 2,5 watts, énorme pour un composant aussi compact et aussi mal ventilé.
Le type de module SFP+ vers RJ45 dont parle cet article, à glisser dans un switch 10 Gbit/s :
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Les modules concurrents Wiitek, eux, se contentaient d’environ 1,5 watt et redescendaient autour de 30 °C. Même puce, même format, mais une électronique mieux pensée et donc moins de chaleur à évacuer.
Détail amusant : à l’intérieur, un microcontrôleur basé sur une architecture 8051 vieille de plus de quarante ans fait croire au switch qu’il a affaire à un module fibre de 30 mètres, histoire que l’équipement accepte la connexion sans broncher.
La leçon est simple pour qui veut du réseau rapide à la maison. Faire passer du 10 Gbit/s sur du cuivre coûte cher en énergie, et cette énergie se transforme en chaleur dans un boîtier qui n’a pas la place de respirer. La fibre monomode avec les bons modules SFP+ reste nettement plus fraîche, et un peu de ventilation active autour du matériel réseau ne fait jamais de mal.
Le cuivre rapide, ça chauffe, et ça finit toujours par se payer.
Crédit photo : Illustration générée par IA