Fermeture du réseau cuivre d’Orange : pourquoi le plan inquiète les opérateurs
Le bon vieux réseau téléphonique en cuivre, celui qui transporte l’ADSL et le téléphone fixe depuis des décennies, vit ses dernières années. Orange, qui en est l’opérateur historique, a engagé son extinction progressive avec un objectif clair : tout couper d’ici 2030 au profit de la fibre optique.
Le calendrier s’appuie sur un décret de fin 2020, et Orange a notifié son plan à l’Arcep, le régulateur des télécoms, début 2022. Sur le principe, personne ne conteste l’objectif. Le cuivre est vieillissant, coûteux à entretenir, et la fibre offre des débits incomparables. Le problème se niche dans la méthode.
Plusieurs opérateurs reprochent à Orange d’avancer seul. Free résume l’agacement général : Orange décide, consulte éventuellement, et reste de toute façon le seul à trancher. Altitude critique de son côté ce rôle de chef d’orchestre, sans véritables engagements pris envers les autres acteurs du marché. SFR et Bouygues Telecom s’interrogent eux aussi sur l’ambition et le suivi du plan.
L’autre crainte majeure concerne la couverture en fibre, encore incomplète. Le plan avance alors que tous les foyers ne sont pas éligibles. Pire, certains logements déclarés éligibles se heurtent en réalité à des fourreaux bouchés, qui nécessitent des travaux publics coûteux avant tout raccordement. Couper le cuivre dans ces conditions reviendrait à laisser des abonnés sans solution.
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Il y a aussi la question du prix. Orange prévoit d’augmenter les tarifs de l’ADSL pour pousser les abonnés vers la fibre. L’Afutt, l’association des utilisateurs des télécoms, dénonce une logique coercitive : faire payer plus cher un service dégradé pour forcer la migration, alors que le marché bascule déjà naturellement vers la fibre.
Dernier point sensible, la communication. Les opérateurs réclament unanimement une campagne d’information pilotée par l’État, à la manière de ce qui avait été fait pour le passage à la TNT. L’idée est d’éviter que des millions de foyers se retrouvent débranchés sans avoir compris ce qui se passait. Orange reconnaît sa responsabilité mais s’appuie largement sur les autres opérateurs et les groupements professionnels pour diffuser le message.
Au fond, le débat oppose deux temporalités. Orange veut tenir son calendrier et faire des économies en abandonnant un réseau dépassé. Les concurrents et les associations veulent s’assurer qu’aucun abonné ne sera laissé sur le bord de la route numérique. Entre les deux, l’Arcep arbitre et le gouvernement a fait de la fibre un objectif de service universel.
La transition est inévitable, le cuivre finira par s’éteindre. Tout l’enjeu est de réussir ce basculement sans créer de nouvelles zones blanches, ni transformer la fin de l’ADSL en parcours du combattant pour les abonnés les plus isolés.
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