Pour l’Arcep, la 5G se déploie vite mais ne fait toujours pas rêver

Par Maxime le 25 octobre 2022 à 10h52

En 2022, l’Arcep a publié son observatoire annuel sur la qualité des services mobiles, et le constat était un brin embarrassant pour les opérateurs. La 5G se déployait à bonne vitesse partout en France, mais les utilisateurs, eux, ne voyaient pas vraiment la différence au quotidien. Beaucoup de poteaux plantés, peu d’enthousiasme en face.

Le gendarme des télécoms pointait un décalage entre la promesse marketing et le ressenti réel. Les débits moyens progressaient bien, oui, mais l’écart entre une bonne 4G et la 5G restait difficile à percevoir pour le commun des mortels. Sur un smartphone, charger une page web ou lancer une vidéo donnait des sensations très proches d’une techno à l’autre.

Plus gênant encore, plusieurs indicateurs de qualité avaient stagné, voire reculé entre 2021 et 2022. L’Arcep relevait des résultats en retrait sur l’affichage rapide des pages web, sur la qualité vidéo ou sur certains débits descendants. Difficile, dans ces conditions, de vendre la 5G comme une révolution immédiate.

L’autorité expliquait que les vrais bénéfices de la 5G se situaient ailleurs que dans l’expérience grand public. La technologie apportait surtout de la capacité réseau supplémentaire et de la souplesse pour absorber le trafic, ce qui profite davantage aux infrastructures et aux entreprises qu’à l’abonné lambda. Des progrès bien réels, mais invisibles pour celui qui regarde simplement son écran.

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S’ajoutait à cela la question du prix. Les forfaits 5G étaient positionnés sur des tarifs plus élevés, avec une communication parfois timide des opérateurs eux-mêmes. La Cour des comptes avait d’ailleurs noté ce manque d’appétence des clients, peu convaincus de payer davantage pour un service dont ils ne mesuraient pas le gain.

Le vrai tournant attendu, c’était la 5G « autonome », la fameuse 5G SA. Contrairement aux premiers réseaux 5G qui s’appuyaient encore sur les antennes 4G existantes, cette version complète promettait enfin des usages inédits : latence très faible, réseau découpé sur mesure pour certaines applications, objets connectés à grande échelle. C’est elle qui devait justifier l’investissement.

En clair, l’Arcep dressait le portrait d’une technologie en avance sur ses usages. Le réseau était là, performant sur le papier, mais les nouveaux services capables de le rendre indispensable se faisaient attendre. La 5G ressemblait à une autoroute flambant neuve sur laquelle roulaient encore les voitures d’hier.

Quelques années plus tard, le diagnostic garde sa pertinence. La 5G s’est généralisée et la 5G SA a commencé à se déployer, mais la promesse d’usages réellement bluffants pour le grand public met du temps à se concrétiser. Comme souvent avec les réseaux mobiles, la révolution se fait par petites touches, loin du grand soir annoncé.

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