Netflix cesse de publier son nombre d’abonnés
Netflix a décidé de tourner la page d’une habitude vieille de plus de quinze ans. La plateforme ne communiquera plus son nombre d’abonnés dans ses résultats trimestriels. Pendant des années, ce chiffre était le thermomètre que toute l’industrie scrutait à chaque publication. Une bonne saison de recrutement faisait grimper l’action, un trimestre décevant la faisait plonger. Ce repère disparaît.
Le changement intervient après une période de forte croissance. Netflix a engrangé 5,9 millions d’abonnés payants supplémentaires sur un seul trimestre, en grande partie grâce à la fin du partage de compte gratuit. La mesure, déployée dans plus de cent pays, a poussé une partie des utilisateurs qui profitaient du compte d’un proche à souscrire leur propre abonnement. Beaucoup pensaient que les internautes allaient claquer la porte. Ils sont restés, et ont payé.
L’autre moteur, c’est la formule avec publicité. Moins chère, elle a attiré des spectateurs qui hésitaient à mettre le prix d’un abonnement classique. Pour Netflix, c’est une double recette : l’abonnement d’un côté, les revenus publicitaires de l’autre. Ce modèle hybride change la manière dont l’entreprise mesure sa propre santé.
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Et c’est précisément l’argument avancé pour justifier l’arrêt des chiffres d’abonnés. Netflix veut désormais que les investisseurs regardent ailleurs : le chiffre d’affaires, les marges, le bénéfice par abonné. Avec une offre publicitaire, le nombre d’inscrits ne raconte plus toute l’histoire. Deux abonnés peuvent rapporter des sommes très différentes selon leur formule. Compter les têtes devient un indicateur incomplet.
Il y a aussi un calcul plus défensif. Tant que le chiffre d’abonnés faisait la pluie et le beau temps en Bourse, le moindre trimestre un peu mou suffisait à déclencher une chute. En coupant le robinet de cette donnée, Netflix se met à l’abri des réactions épidermiques du marché sur une statistique qui, prise seule, ne dit pas grand-chose de la rentabilité réelle.
Reste que la transparence en prend un coup. Pendant des années, ce chiffre permettait de comparer Netflix à ses concurrents et de juger l’état du marché du streaming. Sans lui, il faudra se fier à ce que l’entreprise voudra bien mettre en avant. C’est confortable quand les résultats sont bons. La vraie question, c’est ce qui se passera quand la croissance ralentira, et qu’il n’y aura plus de chiffre clair pour le constater.
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