La console Nintendo 64 grise et sa manette à trois branches

La Nintendo 64 fête ses 30 ans, une console respectée mais étonnamment peu regrettée

Par Maxime le 29 juin 2026 à 10h03

La Nintendo 64 a soufflé ses trente bougies. Lancée au Japon le 23 juin 1996, puis sortie aux États-Unis fin septembre et en Europe en mars 1997, elle franchit ce cap avec un bilan en demi-teinte : beaucoup d’admiration, assez peu de nostalgie.

Sur l’ensemble de sa carrière, la console s’est vendue à 32,93 millions d’exemplaires, dont plus de 20 millions en Amérique du Nord. De quoi écraser la Saturn de Sega, mais rester très loin de la première PlayStation de Sony et de ses quelque 100 millions d’unités.

L’écart s’explique en grande partie par un choix technique. Quand l’industrie passait au CD-ROM, Nintendo a conservé la cartouche. L’avantage était réel : des temps de chargement quasi nuls et une copie compliquée. Le revers l’était tout autant. Une cartouche coûtait cher à produire et offrait une capacité minuscule face aux 650 Mo d’un disque.

Conséquence, de nombreux éditeurs tiers ont préféré la PlayStation, et la N64 s’est retrouvée avec un catalogue maigre, 388 jeux au total. La machine a donc surtout vécu sur les licences maison de Nintendo.

Les chiffres de vente le confirment. Super Mario 64 mène la danse avec près de 12 millions de copies, devant Mario Kart 64 (9,8 millions), GoldenEye 007 développé par Rare (un peu plus de 8 millions), Zelda: Ocarina of Time (7,6 millions) et Super Smash Bros. (5,5 millions).

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Le reste a moins bien traversé le temps. La faible mémoire des cartouches imposait des textures floues étirées sur de grandes surfaces, et le célèbre brouillard qui masquait l’horizon servait surtout à cacher les limites d’une 3D encore balbutiante. Coincée entre la Super Nintendo et la PlayStation, la console n’a laissé qu’une poignée de souvenirs marquants.

Reste aussi sa manette à trois branches, un objet déroutant pensé pour mettre en avant le stick analogique, qui est depuis devenu un standard sur toutes les manettes modernes.

L’affection n’a pas totalement disparu pour autant. Le constructeur Analogue commercialise la 3D, une console moderne capable de lire les cartouches d’origine en 4K, vendue autour de 250 euros. Une façon de rejouer aux classiques sur un téléviseur récent, sans émulation.

Trente ans plus tard, la Nintendo 64 garde donc une place à part : celle d’une machine qui a inventé des règles encore utilisées aujourd’hui, sans jamais vraiment déclencher la même nostalgie que ses rivales.

Crédit photo : Evan-Amos / Wikimedia Commons