Google confirme que la flambée de la RAM va renchérir vos prochains smartphones
Google a reconnu cette semaine ce que l’industrie évitait de dire tout haut : ses prochains téléphones vont coûter plus cher, et la faute revient au prix de la mémoire. Shakil Barkat, vice-président chargé des appareils, résume la situation sans détour : « on n’a jamais vu une telle augmentation des prix de la mémoire que celle que connaît le monde actuellement ». L’entreprise dit avoir absorbé la hausse aussi longtemps qu’elle le pouvait, avant de devoir la répercuter sur ses tarifs.
Les chiffres expliquent la nervosité. Selon des données attribuées à Morgan Stanley, le gigaoctet de RAM mobile est passé d’environ 2,80 dollars en 2025 à près de 12 dollars en 2026, soit une multiplication par quatre en un an. La cause tient en trois lettres : HBM. Les trois grands fondeurs de mémoire, Samsung, SK Hynix et Micron, réorientent leurs usines vers cette mémoire haute performance destinée aux serveurs d’intelligence artificielle, bien plus lucrative. La DRAM et la NAND grand public, celles qui équipent nos téléphones et nos PC, passent après. TrendForce a relevé des prix contractuels de DRAM en hausse de 90 à 95 % au premier trimestre, puis encore de 58 à 63 % au deuxième, et n’attend aucun retour à la normale avant fin 2027, voire 2028.
Dans le détail, le Pixel 11 devrait démarrer autour de 899 dollars, contre 799 pour le Pixel 10, et le Pixel 11 Pro grimper vers 1 099 dollars. Pour amortir le choc, Google doublerait le stockage de base de 128 à 256 Go, quitte à réduire la RAM du Pixel 11 Pro de 16 à 12 Go. Les tarifs définitifs, France comprise, seront dévoilés à la conférence Made by Google du 12 août.
La hausse touche aussi la RAM que l’on achète au détail : cette barrette DDR5 16 Go donne une idée du niveau des prix actuels.
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Google n’est pas seul dans ce cas. Samsung a déjà ajouté l’équivalent d’une centaine d’euros au Galaxy S26 Ultra sur son marché domestique, quand Apple a préféré maintenir l’iPhone 17e à 599 dollars en doublant son stockage, une manière de gonfler la valeur perçue sans toucher au prix affiché. Qualcomm, de son côté, relève le tarif de ses puces Snapdragon. Le PC et le jeu vidéo trinquent aussi : barrettes DDR5 et SSD ont vu leurs prix s’envoler, parfois multipliés par quatre en un an.
Google le formule à sa façon : la mémoire vive n’est plus une ligne anodine sur une fiche technique, elle est devenue la variable qui décide du prix final. Et pour l’acheteur, la note tombe dès cet été.
Crédit photo : Wikimedia Commons (smial)