Deezer lance Remix Lab, un outil pour remixer ses artistes sans IA et en les rémunérant
Deezer a ouvert le 24 juin Remix Lab, une fonction intégrée à son application qui permet de remixer des morceaux directement depuis la fiche d’un artiste. Le service est pour l’instant réservé à la France, via l’offre Deezer Club, et la plateforme promet de l’étendre ailleurs si l’accueil suit.
Le principe est simple. Plutôt que de laisser une intelligence artificielle générer un faux titre, Deezer décompose chaque chanson validée en pistes séparées, ce qu’on appelle des stems : la batterie, la basse, la voix et le reste des instruments. L’auditeur récupère ces briques et les retravaille lui-même.
Cinq réglages sont proposés : changer le genre ou le style, accélérer ou ralentir le tempo, modifier la hauteur de la voix, ajouter de la réverbération et jouer sur l’égaliseur. On peut donc transformer une ballade en version plus rapide, ou pousser un morceau vers une autre ambiance, sans toucher à des outils de production compliqués.
Le catalogue de départ reste limité mais déjà varié. On y trouve Céline Dion avec J’irai où tu iras, Tiakola et Meuda, Alonzo, Ronisia, Zaho, Mosimann ou encore Alain Souchon et son J’ai 10 ans. Chaque artiste doit donner son accord explicite pour que ses titres entrent dans Remix Lab, et garde la main sur ce qui est autorisé.
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C’est sans doute le point le plus intéressant. Le remix créé reste exclusif à Deezer : impossible de l’exporter vers une autre plateforme ou de le poster ailleurs. En contrepartie, chaque écoute d’une version remixée est entièrement attribuée à l’œuvre d’origine, et les droits reviennent à l’ayant droit comme pour un stream classique. L’idée est d’encadrer une pratique très répandue chez les plus jeunes, qui bidouillent déjà des accélérés sur les réseaux, mais cette fois dans un cadre légal et payant pour le créateur.
Le positionnement est clairement marqué face à Spotify et à la vague de morceaux fabriqués par IA. Deezer, qui estimait récemment que près de la moitié des titres mis en ligne chaque jour sont générés artificiellement, insiste ici sur l’absence totale d’IA générative dans Remix Lab : tout part de pistes réelles, validées par les artistes.
Un concours accompagne le lancement. Les meilleurs remixs seront mis en avant dans une playlist dédiée début septembre, et leurs auteurs gagneront des places pour un événement Deezer ainsi qu’un objet de l’artiste remixé. Reste à voir si le public français accroche, et si les maisons de disques suivront au-delà de cette première liste.
Crédit photo : Deezer