Pourquoi l’iPad Pro OLED a tant fait attendre Apple
Quand Apple décide de basculer toute une gamme vers une nouvelle technologie d’écran, ça ne se passe jamais sans accroc. L’iPad Pro qui devait inaugurer une dalle OLED en est l’exemple parfait. Le calendrier initial visait une sortie autour de fin mars, et la réalité a glissé de plusieurs semaines, repoussant le lancement au début du mois de mai. Rien de dramatique sur le papier, mais ce genre de retard en dit long sur les coulisses industrielles de la marque.
La cause principale tient à l’écran lui-même. Passer du LCD rétroéclairé à l’OLED sur une tablette de cette taille n’a rien d’évident. Mark Gurman, journaliste chez Bloomberg réputé pour ses informations sur Apple, expliquait que la dalle de l’iPad Pro était plus difficile à produire et réclamait des procédés de fabrication plus complexes. On ne parle pas d’un petit écran de smartphone, mais de surfaces bien plus grandes, où le moindre défaut se voit et fait grimper le taux de rebut.
Pour corser le tout, Apple a misé sur une technologie maison baptisée Tandem OLED. L’idée consiste à empiler deux couches OLED l’une sur l’autre pour gagner en luminosité et en durée de vie. Sur le papier c’est brillant, dans une usine c’est un casse-tête supplémentaire. Chaque dalle doit répondre à des critères de qualité que la marque ne lâche jamais, et ça ralentit forcément les lignes de production.
Pour profiter vous-même de cette fameuse dalle OLED Tandem qui a tant fait suer Apple, voici l’iPad Pro 13 pouces dans sa version commercialisee.
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Vient ensuite la question des fournisseurs. Apple s’appuyait sur Samsung Display pour les dalles de 11 pouces et sur LG Display pour les 13 pouces. Sauf que Samsung n’aurait pas réussi à livrer les volumes réclamés, obligeant Apple à se rabattre davantage sur LG. Réaffecter une commande de cette ampleur ne se fait pas en un claquement de doigts. Il faut adapter les chaînes, valider les rendements, ajuster les approvisionnements, et chaque étape ajoute son lot de jours perdus.
À tout cela s’ajoutaient des réglages logiciels du côté d’iPadOS, histoire que la nouvelle dalle soit exploitée correctement. Un écran OLED ne se pilote pas exactement comme un LCD, et il faut peaufiner la gestion des couleurs, de la luminosité et de l’usure des pixels.
Au bout du compte, ce retard illustre une tension classique chez Apple : vouloir une technologie de pointe tout en exigeant des quantités énormes et une qualité irréprochable. Les deux ne font pas toujours bon ménage. Le résultat fut une tablette plus fine, plus lumineuse et nettement plus chère, qui a fini par arriver dans les boutiques. Mais la leçon reste valable pour les prochaines générations : dès qu’Apple touche à l’écran, mieux vaut prévoir une marge dans le calendrier.
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