Le jour où le gouvernement américain a attaqué Apple sur son monopole

Par Maxime le 23 mars 2024 à 10h46

Personne ne s’attaque à Apple à la légère, et pourtant le département de la Justice américain a franchi le pas. Avec quinze États et le District de Columbia à ses côtés, le DOJ a lancé une procédure antitrust visant directement la firme de Cupertino, l’accusant d’avoir bâti et entretenu un monopole illégal sur le marché du smartphone. Le genre de dossier qui peut, à terme, redessiner le fonctionnement même de l’iPhone.

Le cœur du reproche tient en une idée simple : Apple verrouillerait son écosystème pour empêcher la concurrence de respirer. Les autorités pointent une série de leviers que la marque utiliserait pour garder ses clients captifs et gonfler ses marges. Et les exemples cités parlent à tout le monde.

Premier symbole, iMessage. Le fait qu’une bulle devienne verte au lieu de bleue dès qu’on écrit à un utilisateur Android n’est pas qu’une question de couleur. Pour la Justice américaine, refuser de porter iMessage sur les autres plateformes crée une pression sociale qui pousse à rester chez Apple, avec en prime des fonctions amputées pour les messages échangés hors de l’univers maison.

Vient ensuite l’App Store et sa fameuse commission de 30 % prélevée sur de nombreuses transactions. Le DOJ y voit un moyen d’étouffer les développeurs et de limiter ce qu’ils peuvent proposer en dehors du circuit officiel. Dans le même esprit, les autorités reprochent à Apple de bloquer les super-apps capables de regrouper plusieurs services, ainsi que les plateformes de cloud gaming qui permettraient de jouer sans passer par l’achat d’applications classiques.

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L’Apple Watch et le portefeuille Apple Wallet figurent aussi au dossier. L’idée générale reste la même : chaque produit serait conçu pour fonctionner au mieux avec un iPhone, et au pire avec les appareils concurrents, histoire de décourager toute tentation d’aller voir ailleurs.

Apple, sans surprise, conteste tout en bloc. La firme estime que céder aux exigences du gouvernement reviendrait à dégrader l’expérience de ses utilisateurs. Selon elle, la loi ne l’oblige pas à concevoir ses produits pour avantager ses rivaux, surtout si cela rend les appareils moins sûrs, moins respectueux de la vie privée et moins agréables à utiliser. La marque va plus loin et agite le risque d’un précédent dangereux pour la conception technologique en général.

Reste que la procédure suit son cours et qu’un juge a estimé qu’elle méritait d’être examinée sur le fond. L’enjeu dépasse largement Apple. Si la Justice obtient gain de cause, c’est tout le modèle du jardin clos, ce fameux écosystème fermé qui fait la force comme la fortune de la marque, qui pourrait être forcé de s’ouvrir. Une bataille longue, coûteuse, et dont l’issue intéressera bien au-delà des frontières américaines.

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