Après les réseaux sociaux, le gouvernement français s’attaque aux VPN
Le gouvernement ne compte pas s’arrêter à l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Quelques jours après le vote du texte par l’Assemblée nationale fin janvier 2026, la ministre de l’IA et du Numérique Anne Le Hénanff a annoncé la couleur sur franceinfo : les VPN sont désormais en tête de sa liste de priorités. Pour reprendre ses mots, l’interdiction des réseaux sociaux n’est qu’un début.
Pour comprendre la logique, il faut revenir au texte voté les 26 et 27 janvier. Celui-ci interdit l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans et oblige les plateformes à vérifier l’âge de leurs utilisateurs à l’inscription. Le téléphone portable sera par ailleurs banni des lycées dès la rentrée prochaine. Sauf qu’un blocage par l’âge se contourne facilement avec un VPN, ce petit outil qui masque la localisation et fait croire qu’on se connecte depuis un autre pays. D’où l’idée du gouvernement de s’attaquer ensuite à ces logiciels, pour éviter que les mineurs ne sautent simplement par-dessus la barrière.
La France n’est pas seule sur ce terrain. Au Royaume-Uni, la Chambre des lords a adopté un amendement visant à bloquer l’accès aux VPN pour les mineurs, dans une logique très proche. On assiste donc à un mouvement plus large, où plusieurs pays cherchent à reprendre la main sur ce que les adolescents font en ligne.
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Reste que la mesure soulève de sérieuses questions techniques. Un VPN est un outil parfaitement légal, utilisé chaque jour par des millions de salariés, de voyageurs et de particuliers soucieux de leur vie privée. Vouloir en bloquer l’usage pour les seuls mineurs sans pénaliser tout le monde relève du casse-tête. La ministre s’est pourtant montrée optimiste, en avançant que l’âge moyen de création d’un compte se situe entre 8 et 9 ans, et qu’à cet âge, les enfants ne savent pas ce qu’est un VPN.
L’argument a de quoi faire sourire les spécialistes de la tech. Les adolescents un peu débrouillards trouvent généralement très vite comment installer ce genre d’outil, surtout quand l’interdiction leur en donne envie. Entre la volonté politique de protéger les jeunes et la réalité technique du Web, l’écart risque d’être difficile à combler. Aucun calendrier précis n’a été communiqué pour l’instant, mais le sujet est clairement sur la table. Et il promet de relancer le vieux débat entre protection des mineurs et libertés numériques.
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