Taxe streaming : des recettes en dessous des attentes, mais le secteur n’y voit pas un drame
La taxe streaming avait un objectif simple sur le papier. Prélever une part des revenus des grandes plateformes pour financer la création audiovisuelle française, dans la lignée de ce qui se fait déjà pour le cinéma et la télévision. Sauf que les sommes récoltées sont restées sous les prévisions. Le rendement attendu n’a pas suivi, et forcément, ça fait jaser.
La raison principale tient à la concurrence. Les plateformes se multiplient, les abonnés se répartissent sur plus d’acteurs, et les marges de chacun se tassent. Quand le gâteau est découpé en davantage de parts, la base sur laquelle on calcule la taxe rétrécit elle aussi. Résultat, les caisses se remplissent moins vite que prévu.
Pour autant, personne ne semble paniquer du côté des professionnels du secteur. Le discours dominant, c’est que la situation est conjoncturelle. Les plateformes continuent d’avoir un appétit énorme pour les productions locales, parce que c’est ce qui fidélise les abonnés sur chaque marché. Cet appétit-là ne va pas disparaître, et il pourrait même compenser à terme le manque à gagner sur la taxe.
Des discussions sont d’ailleurs en cours entre le gouvernement et les acteurs concernés. L’idée est de revoir les modalités de calcul et de collecte pour coller davantage à la réalité du marché. Un dispositif mieux calibré rapporterait mécaniquement plus, sans forcément alourdir la pression sur les plateformes.
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Reste la question de fond. Une taxe dont le rendement déçoit dès ses premières années, ça pose toujours le problème de sa conception initiale. Soit les prévisions étaient trop optimistes, soit le mode de calcul ne correspond pas à un marché qui bouge vite. Les deux explications se valent, et elles ne s’excluent pas.
Ce qui est sûr, c’est que le financement de la création française dépend de plus en plus de ces contributions. Plus le streaming grignote les usages classiques, plus il devient logique de le mettre à contribution. La vraie inconnue, c’est de savoir si les ajustements promis suffiront à inverser la tendance ou s’il faudra repenser l’ensemble du système.
Pour l’instant, on en reste aux intentions et aux chiffres en demi-teinte. Le secteur garde son calme, le gouvernement promet des aménagements, et tout le monde attend de voir ce que donneront les prochains exercices. À surveiller de près, parce que derrière ces histoires de taxe, c’est une bonne partie du budget des films et séries français qui se joue.
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