L’addition européenne pour X pourrait dépasser le milliard

Par Maxime le 6 avril 2025 à 12h34

X, l’ancien Twitter racheté par Elon Musk, risque de payer très cher ses démêlés avec Bruxelles. La Commission européenne a déjà sanctionné le réseau social, et la facture pourrait grimper bien au-delà de ce que beaucoup imaginaient.

Tout part du DSA, le règlement européen sur les services numériques. Ce texte impose aux grandes plateformes des obligations strictes : modérer les contenus illégaux, jouer la transparence sur la publicité, et ouvrir leurs données aux chercheurs. X est accusé de manquer à plusieurs de ces règles.

Trois griefs reviennent sans cesse. Le manque de transparence de la bibliothèque publicitaire de la plateforme. Le refus de donner aux chercheurs un accès aux données publiques. Et surtout le système de badge bleu, jugé trompeur pour les utilisateurs depuis que la certification s’achète au lieu de se mériter.

Le 5 décembre 2025, la Commission a frappé une première fois avec une amende de 120 millions d’euros. Une sanction historique, puisque c’était la toute première infligée au titre du DSA.

Mais ce n’est sans doute qu’un début. Le règlement prévoit des amendes pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’entreprise visée. Et c’est là que les choses deviennent vertigineuses pour Musk.

Bruxelles réfléchit en effet à inclure les revenus des autres sociétés du milliardaire dans le calcul. SpaceX, xAI, Neuralink ou encore The Boring Company pourraient être prises en compte, en partant du principe qu’elles forment un même empire contrôlé par un seul homme.

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L’idée n’est pas sortie de nulle part. L’Europe s’inspire directement d’une méthode déjà employée au Brésil, où la justice avait additionné les revenus des entreprises de Musk pour faire pression sur lui. Avec un tel périmètre, l’amende ne se compterait plus en centaines de millions, mais en milliards.

La réaction de l’intéressé ne s’est pas fait attendre. Au lendemain de la première sanction, Elon Musk a carrément déclaré que l’Union européenne « devrait être abolie ». Le ton est donné, et il n’annonce aucune accalmie.

Car Bruxelles ne compte pas s’arrêter là. En janvier 2026, la Commission a ouvert une nouvelle enquête formelle contre X, cette fois centrée sur Grok, l’intelligence artificielle développée par xAI et intégrée au réseau social. Un dossier de plus qui pourrait alourdir encore la note.

Au fond, cette affaire dépasse largement le cas Musk. Elle teste la capacité de l’Europe à faire plier les géants technologiques américains avec ses propres règles. Si le calcul élargi est validé, aucune plateforme ne pourra plus considérer une amende européenne comme une simple ligne de frais.

Reste à voir si la Commission ira au bout. Faire payer plus d’un milliard à l’homme le plus riche du monde serait un signal politique majeur. Et un précédent que personne, dans la Silicon Valley, n’a envie de voir s’installer.

Crédit photo : DR