Orange et Eutelsat veulent connecter l’Afrique par satellite

Par Maxime le 5 mars 2025 à 11h56

Orange et Eutelsat ont signé un partenariat pour apporter l’Internet par satellite en Afrique et au Moyen-Orient. L’accord, annoncé le 3 mars 2025 entre Orange Afrique et Moyen-Orient (OMEA) et l’opérateur de satellites, vise les zones où les réseaux terrestres n’arrivent pas, ou mal.

L’idée n’a rien de gadget. De larges territoires africains restent encore privés d’accès à Internet, et ce trou dans la carte freine le développement économique comme l’accès à l’éducation. Brancher ces régions, c’est l’objectif affiché par les deux partenaires.

La connexion passera par le satellite Eutelsat Konnect, capable de fournir des débits allant jusqu’à 100 Mbps. C’est une solution pensée pour les endroits où tirer de la fibre ou installer des antennes mobiles coûterait trop cher, ou prendrait trop de temps. Le satellite couvre, là où le génie civil cale.

Premiers pays servis : la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la République démocratique du Congo et la Jordanie. Le reste de la région devrait suivre par étapes. Orange, qui revendique déjà 160 millions de clients en Afrique et au Moyen-Orient, compte s’appuyer sur cette brique satellitaire pour compléter son offre fixe et mobile existante.

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Le timing n’est pas innocent. Le marché de l’Internet par satellite chauffe, et les géants américains ont pris de l’avance. Starlink, la filiale de SpaceX d’Elon Musk, est déjà présent dans 19 pays africains. Amazon, de son côté, pousse son projet Kuiper pour grignoter sa part du gâteau. Face à eux, Orange mise sur ce qu’il connaît : le terrain local, et une offre qui combine plusieurs technologies plutôt qu’une seule.

Les chiffres expliquent l’appétit de tout le monde. Selon le rapport de la GSMA « The Mobile Economy Sub-Saharan Africa 2024 », l’Afrique subsaharienne reste la région la moins connectée de la planète : seulement 27 % de la population y utilise l’Internet mobile. Autrement dit, près des trois quarts des habitants sont encore hors-ligne. Le potentiel de croissance est énorme, et c’est précisément ce qui attire à la fois les opérateurs historiques et les nouveaux venus du spatial.

Reste à voir ce que ça donnera dans la vraie vie. Le débit annoncé est confortable sur le papier, mais le prix des abonnements et du matériel pèsera lourd dans des régions où le pouvoir d’achat est limité. Sur ce point, Orange a une carte à jouer : sa présence locale lui permet de combiner satellite, mobile et fixe pour proposer quelque chose de plus accessible qu’un service purement satellitaire venu de l’étranger.

Si le déploiement tient ses promesses, ce partenariat pourrait peser dans la réduction de la fracture numérique sur le continent. Pour des millions de personnes, accéder à Internet, c’est aussi accéder à l’école à distance, aux services administratifs et à de nouveaux débouchés économiques.

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