La série Alien tourne la page Ellen Ripley

Par Maxime le 19 février 2022 à 14h34

Quand on parle d’Alien, un visage s’impose immédiatement : celui d’Ellen Ripley, l’officier interprété par Sigourney Weaver depuis 1979. Pourtant, la série télévisée développée pour la chaîne américaine FX a fait un choix radical. Ripley n’y figurera pas. Pas du tout.

La décision revient à Noah Hawley, le créateur de Fargo et de Legion, à qui FX a confié les clés de cette adaptation. Son projet ne reprend aucun des personnages connus de la saga cinématographique. Ni Ripley, ni les autres membres d’équipage croisés au fil des films. Tout repart de zéro, avec de nouveaux visages.

La raison tient en une question de calendrier. John Landgraf, le patron de FX, l’a expliqué sans détour : la série se déroule aux alentours de l’année 2070, alors que le film original de Ridley Scott situait son action en 2122. Soit une cinquantaine d’années plus tôt. Dans cette logique, faire apparaître Ripley n’aurait aucun sens, puisque le personnage n’est tout simplement pas encore né, ou du moins pas en âge d’embarquer à bord du Nostromo.

Autre nouveauté de taille : l’action ne se passera pas dans l’espace lointain, mais sur Terre. Un changement de décor majeur pour une franchise qui a bâti sa réputation sur le huis clos angoissant des vaisseaux spatiaux et des stations isolées. Reste à voir comment la tension propre à la saga, ce mélange d’horreur et de claustrophobie, survivra à ce passage sur le plancher des vaches.

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Hawley n’a pas pour autant tourné le dos à l’univers étendu d’Alien. Des éléments issus de Prometheus et d’Alien: Covenant, les deux préquelles signées Ridley Scott, pourraient venir se glisser dans le récit sous forme de clins d’œil. De quoi rassurer les fans les plus attachés à la mythologie, sans pour autant transformer la série en simple catalogue de références.

Le format annoncé tourne autour de huit à dix heures réparties sur une saison. De quoi prendre le temps d’installer une ambiance et de développer des personnages, là où un long-métrage doit aller à l’essentiel en deux heures. C’est d’ailleurs l’un des arguments avancés pour justifier le passage au petit écran : explorer l’univers Alien avec une respiration que le cinéma ne permet pas toujours.

Le pari n’est pas sans risque. S’attaquer à un monument du genre sans son héroïne emblématique, c’est accepter de déplaire à une partie du public. Mais c’est aussi se donner la liberté de raconter une histoire neuve, sans le poids des attentes liées à un personnage culte. Reste la grande inconnue de tout projet de ce type : le xénomorphe, cette créature dessinée par H. R. Giger, fera-t-il toujours aussi peur une fois transposé à la télévision et ramené sur Terre ? C’est sans doute là que se jouera la réussite, ou l’échec, de l’entreprise.

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