Puces en 1,4 nm : Huawei défie les sanctions américaines

Par Maxime le 27 mai 2026 à 9h35

Huawei vient d’annoncer un objectif qui ferait presque sourire au vu des sanctions qui pèsent sur le groupe : produire des puces gravées en 1,4 nanomètre d’ici 2031. Le message est clair, Pékin veut son indépendance technologique et compte bien bousculer la suprématie de TSMC et, par ricochet, celle d’Apple qui dépend du Taïwanais pour ses processeurs.

L’annonce tombe dix jours après la visite de Donald Trump en Chine. C’est la division semi-conducteurs de Huawei, dirigée par He Tingbo, qui a présenté le projet depuis Shanghai. Le constructeur affirme avoir mis au point un procédé inédit pour descendre à cette échelle de 1,4 nanomètre.

Pour mesurer l’enjeu, un rappel s’impose. L’industrie grand public en est aujourd’hui au 3 nanomètres, c’est par exemple ce qu’on trouve sur les dernières puces d’Apple. TSMC prépare déjà le passage au 2 nanomètres avec ses clients. Le 1,4 nanomètre, c’est l’étape d’après, celle qui alimentera les serveurs d’intelligence artificielle et les supercalculateurs de demain.

Sauf que derrière la prouesse technique, il y a surtout de la politique. Depuis 2019, Huawei est sous le coup de lourdes restrictions américaines. Le groupe n’a plus accès aux logiciels de conception américains, ni aux fameuses machines de lithographie aux ultraviolets extrêmes du néerlandais ASML. Or ces machines restent le coeur de la fabrication de puces avancées dans le monde entier. Personne ne sait en faire d’équivalent.

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Pour contourner ce blocus, la Chine injecte des milliards de dollars dans son industrie locale. L’idée, c’est de reconstruire toute la chaîne, du silicium brut jusqu’à la fonderie, sans dépendre de l’Occident. Si Huawei y arrive vraiment, l’avance américaine sur l’IA et le matériel militaire en prendrait un coup.

Sur le papier, c’est un beau coup de communication qui montre la résilience de l’industrie chinoise. Mais il faut garder la tête froide. En visant 2031, Huawei affiche déjà environ trois ans de retard sur la feuille de route théorique de TSMC. Et valider un procédé en laboratoire, c’est une chose. Le produire en masse avec un taux de rendement rentable, c’en est une autre, bien plus difficile. Sans les optiques d’ASML, le défi physique est énorme.

La vraie inconnue, c’est de savoir si la Chine peut réellement rattraper Taïwan et l’Occident d’ici la fin de la décennie, sans aide extérieure. Vous y croyez, vous ? Venez partager votre analyse en commentaires.

Crédit photo : DR