Le X-59 de la NASA en vol au-dessus du désert, reconnaissable à son très long nez effilé conçu pour atténuer le bang supersonique

Boom Supersonic et la NASA relancent l’avion de ligne plus rapide que le son

Par Maxime le 7 juillet 2026 à 14h07

Le vol supersonique commercial était mort depuis le retrait du Concorde. Il vient de retrouver une raison d’exister. La FAA, l’agence américaine de l’aviation, propose fin juin de lever une interdiction vieille de cinquante-trois ans : depuis 1973, aucun avion civil n’avait le droit de dépasser la vitesse du son au-dessus du sol américain. La règle avait cantonné le Concorde aux traversées de l’Atlantique, et elle bloquait dans les faits tout successeur.

Ce qui change, c’est la logique. Plutôt qu’une interdiction sèche liée à la vitesse, Washington veut fixer une limite chiffrée de bruit au sol : 0,11 livre par pied carré de surpression, pas plus. Le Concorde, lui, tapait dans les 1,93 en croisière à Mach 2, soit près de vingt fois trop. L’idée n’est plus d’interdire d’aller vite, mais d’obliger à le faire en silence.

Et c’est là que deux acteurs se retrouvent en pole position. Boom Supersonic, une start-up du Colorado, développe l’Overture, un avion de ligne pensé pour Mach 1,7. United Airlines et American Airlines ont déjà passé commande. Son démonstrateur, le XB-1, a franchi le mur du son début 2025 sans qu’aucun micro au sol ne capte la moindre détonation. Le secret tient dans une technique appelée « Mach cutoff » : voler assez haut et à la bonne vitesse pour que l’onde de choc se courbe dans l’atmosphère et remonte avant de toucher terre.

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De son côté, la NASA pousse le X-59, un appareil expérimental au nez interminable conçu pour étaler l’onde de choc. L’objectif est clair : transformer le bang assourdissant en un simple bruit sourd, quelque chose comme une portière de voiture qui claque au loin. L’avion a passé le mur du son en juin et va bientôt survoler des villes américaines pour mesurer ce que les habitants entendent vraiment.

Pour le voyageur, la promesse est simple : un New York-Los Angeles en trois heures environ, contre plus de cinq aujourd’hui. Sauf que voilà, rien n’est signé. Aucun appareil commercial ne tient encore les fameux 0,11 livre par pied carré, et Boom promet une croisière discrète autour de Mach 1,3 au-dessus des terres, à condition que la météo coopère. La FAA ouvre quarante-cinq jours de commentaires publics, une seconde règle sur le bruit au décollage suivra en décembre, et le texte définitif n’est pas attendu avant la mi-2027. Le supersonique grand public n’est donc pas encore rembarqué, mais pour la première fois depuis longtemps, la porte est entrouverte.

Crédit photo : NASA