Nikon abandonne le reflex, la fin d’une époque pour la photo
C’est une page de l’histoire de la photographie qui se tourne. Après Canon, son éternel rival, Nikon a confirmé qu’il cessait de développer de nouveaux appareils photo reflex pour se concentrer entièrement sur les hybrides. Deux mastodontes du secteur tournent ainsi le dos à une technologie qui aura régné pendant des décennies.
Petit rappel pour comprendre l’enjeu. Le reflex, ou DSLR en anglais, repose sur un miroir placé derrière l’objectif. Ce miroir renvoie l’image vers le viseur optique, puis se relève au moment du déclenchement pour laisser passer la lumière jusqu’au capteur. C’est ce mécanisme qui produit le fameux petit claquement caractéristique de ces boîtiers.
L’hybride, lui, supprime purement et simplement ce miroir. L’image passe directement sur le capteur, et le viseur devient électronique. Résultat : des appareils plus compacts, plus légers et souvent plus robustes, puisqu’on retire une pièce mécanique mobile qui peut s’user ou se dérégler avec le temps.
Du côté de Canon, la transition était déjà nette. La marque avait laissé entendre que son EOS-1D X Mark III resterait son dernier reflex haut de gamme, sans successeur prévu dans cette gamme. Nikon emboîte le pas en recentrant ses efforts et ses budgets de recherche sur sa gamme hybride, autour de la monture Z et de boîtiers comme le Nikon Z5.
Pourquoi un tel virage ? D’abord parce que les ventes de reflex s’effondrent depuis des années. Le marché de l’appareil photo dans son ensemble a fondu sous la pression des smartphones, qui suffisent largement à la grande majorité des utilisateurs occasionnels. Dans ce contexte, entretenir deux gammes de boîtiers en parallèle n’avait plus vraiment de sens économique.
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Ensuite parce que l’hybride concentre désormais l’innovation. Autofocus à détection de l’oeil, rafales silencieuses, vidéo de haut vol, stabilisation perfectionnée : les nouveautés marquantes arrivent toutes sur ces boîtiers sans miroir. Le reflex, lui, n’évoluait plus guère, faute d’investissements.
Pour les photographes équipés en reflex, pas de panique immédiate. Les boîtiers existants continuent de fonctionner, les objectifs restent disponibles et le service après-vente perdure encore un temps. Mais la trajectoire est claire : qui veut acheter du neuf et profiter des dernières avancées devra passer à l’hybride, quitte à investir dans de nouvelles optiques ou un adaptateur de monture.
Cette bascule n’est pas qu’une affaire de spécifications techniques. Elle marque la fin d’un certain rituel photographique, celui du viseur optique où l’on regarde la scène réelle à travers l’objectif, et non une reproduction électronique. Beaucoup de passionnés y restent attachés, par habitude autant que par nostalgie.
L’industrie, elle, a tranché. Canon et Nikon en tête, c’est tout un pan du marché qui se réinvente autour du sans-miroir. Le reflex ne va pas disparaître du jour au lendemain de nos sacs photo, mais son avenir commercial, lui, est désormais derrière lui.
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