Illustration d'une planète rocheuse criblée de cratères, semblable à Mercure, sur fond noir

À 48 années-lumière, le télescope James Webb confirme une planète rôtie à 725 °C et sans atmosphère

Par Maxime le 23 juin 2026 à 10h56

Les astronomes ont mis un nom sur un monde particulièrement inhospitalier : LHS 3844 b. Cette planète rocheuse, environ 30 % plus large que la Terre, se trouve à 48,5 années-lumière de nous, soit presque le coin de la rue à l’échelle de la galaxie. Le télescope spatial James Webb vient de l’examiner, et le diagnostic est sans appel : un caillou nu, brûlant, dépourvu de la moindre atmosphère.

La faute revient à son étoile. LHS 3844 b orbite autour d’une naine rouge, une petite étoile froide qui pèse à peine un cinquième de notre Soleil. La planète tourne tellement près d’elle qu’elle boucle une année complète en moins de onze heures.

À cette distance, elle a fini par se figer. Une face reste tournée en permanence vers l’étoile et cuit sans répit, l’autre reste plongée dans un noir glacé. Les scientifiques parlent de verrouillage par effet de marée, le même mécanisme qui fait que la Lune nous montre toujours le même côté.

C’est l’équipe de Sebastian Zieba et Laura Kreidberg, à l’Institut Max Planck d’astronomie de Heidelberg, qui a pointé Webb vers cette fournaise, à l’aide de son instrument MIRI, capable de capter la lumière infrarouge, donc la chaleur.

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Le relevé est éloquent. La face éclairée tourne autour de 1000 kelvins, soit environ 725 °C de moyenne, de quoi liquéfier du plomb. D’atmosphère, aucune trace : le rayonnement de l’étoile l’a soufflée il y a longtemps. La signature mesurée évoque du basalte chargé de fer et de magnésium, peut-être un peu d’olivine. En somme, une grosse Mercure, ou une Lune qui aurait grossi.

Au-delà de l’anecdote, ce caillou grillé renseigne sur une vraie question. Confirmer qu’une planète rocheuse aussi proche de son étoile est réellement nue aide à comprendre lesquelles parviennent à garder leur air et lesquelles se font dépouiller. Or les naines rouges ont mauvaise réputation sur ce point : elles ont tendance à arracher l’atmosphère de leurs voisines.

L’enjeu est de taille. Beaucoup des planètes potentiellement habitables repérées aujourd’hui gravitent autour de naines rouges. Si ces étoiles déshabillent systématiquement leurs voisines, la liste des adresses fréquentables de la galaxie se réduit nettement.

Reste l’exploit technique : déduire qu’un rocher planté à 48 années-lumière est en basalte et grille à 725 °C, uniquement à partir de sa lumière infrarouge.

Crédit photo : Max-Planck-Institut für Astronomie