LinkedIn condamné à 310 millions d’euros pour sa publicité ciblée

Par Maxime le 27 octobre 2024 à 15h06

La facture est salée pour LinkedIn. Le réseau social professionnel, propriété de Microsoft, a écopé d’une amende de 310 millions d’euros pour avoir bafoué les règles européennes sur les données personnelles.

La sanction émane de la Commission irlandaise de protection des données, l’autorité qui supervise les géants du numérique installés en Irlande. Et le grief est limpide : LinkedIn n’a pas recueilli un consentement valable avant d’exploiter les données de ses membres à des fins de publicité ciblée et d’analyse comportementale.

Le régulateur a estimé que ce consentement n’était ni libre, ni suffisamment éclairé, ni assez précis. En clair, les utilisateurs ne savaient pas vraiment à quoi ils disaient oui quand la plateforme suivait leurs comportements pour leur servir des annonces sur mesure.

L’affaire ne date pas d’hier. Tout part de plaintes déposées dès 2018 par l’association française La Quadrature du Net, connue pour son combat sur les libertés numériques. Il aura fallu six ans d’instruction pour aboutir à cette décision, tombée en octobre 2024.

LinkedIn, de son côté, ne plaide pas vraiment coupable. La société affirme ne pas croire avoir enfreint le règlement général sur la protection des données, tout en assurant travailler à aligner ses pratiques sur les exigences du régulateur irlandais. Une posture classique : on conteste sur le principe, mais on rentre dans le rang.

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Cette amende s’inscrit dans une longue série. Google avait déjà été condamné à 50 millions d’euros en 2020, et Amazon avait pris une sanction autrement plus lourde, 746 millions d’euros, en 2021, pour des manquements comparables autour du consentement publicitaire. À chaque fois, le même point de friction : la frontière floue entre la collecte de données et l’accord réel de l’internaute.

Le montant n’a rien d’anecdotique. Avec le RGPD, les autorités peuvent infliger des pénalités allant jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires mondial d’une entreprise. De quoi calmer les ardeurs, même chez un mastodonte adossé à Microsoft.

Pour les utilisateurs, le message est plus rassurant qu’il n’y paraît. Ces décisions obligent peu à peu les plateformes à clarifier leurs cases à cocher, à expliquer ce qu’elles font des informations récoltées et à laisser un vrai choix. La publicité ciblée ne disparaîtra pas, mais elle devra reposer sur un accord moins ambigu.

D’autres dossiers restent d’ailleurs sur le feu du côté de Dublin. Apple, pour son système iOS, et Meta, pour Facebook et Instagram, font toujours l’objet d’enquêtes sur des sujets voisins. Le bras de fer entre les régulateurs européens et la Silicon Valley est loin d’être terminé.

Reste à voir si ces amendes, aussi spectaculaires soient-elles, changent durablement les habitudes des plateformes. Pour l’instant, elles ressemblent surtout à un coût d’exploitation que les géants du web encaissent, quitte à grincer des dents.

Crédit photo : DR