13 milliards de dollars en bitcoins : la Chine accuse les États-Unis de vol
L’affaire a de quoi faire tourner les têtes. La Chine accuse publiquement les États-Unis d’avoir dérobé 127 000 bitcoins, soit l’équivalent d’environ 13 milliards de dollars au cours actuel. Un butin colossal, au cœur d’une bataille qui mêle cybersécurité, justice américaine et tensions diplomatiques entre les deux premières puissances mondiales.
C’est l’équipe technique chinoise de réponse d’urgence aux virus informatiques qui a lancé l’accusation. Selon elle, ces bitcoins proviennent du pool de minage Lubian, victime d’un piratage en 2020. Pékin attribue cette opération à ce qu’elle décrit comme une organisation de hackers de niveau étatique, sous-entendant clairement la responsabilité de Washington. Pendant des années, les fonds seraient restés dormants, avant de bouger.
Le point de bascule se situe à la mi-2024. C’est à ce moment-là que les bitcoins auraient été transférés vers des portefeuilles numériques identifiés comme appartenant au gouvernement américain. Cette traçabilité n’est pas une simple affirmation chinoise : c’est la société d’analyse de la blockchain Arkham Intelligence qui a relié ces portefeuilles à l’administration des États-Unis. Sur une blockchain publique comme celle du bitcoin, chaque mouvement laisse une trace consultable par tous.
Forcément, les deux camps ne racontent pas la même histoire. Côté chinois, on parle d’une opération d’État prolongée, une forme de vol numérique orchestré au plus haut niveau. Côté américain, le ministère de la Justice présente les choses tout autrement : il s’agirait d’une saisie parfaitement légale, visant des fonds obtenus de manière criminelle. La frontière entre confiscation judiciaire et captation illégitime devient, ici, une affaire de point de vue.
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Le contexte n’est évidemment pas neutre. Cette accusation tombe en novembre 2025, en plein regain de tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis. De quoi se demander si le timing relève vraiment d’une préoccupation de cybersécurité, ou s’il s’agit plutôt d’un levier de pression diplomatique bien choisi. Sortir une affaire à 13 milliards de dollars au moment où les relations se crispent, ça ne ressemble pas tout à fait à un hasard.
Au-delà du bras de fer géopolitique, cette histoire rappelle une vérité que les détenteurs de cryptomonnaies connaissent bien : sur la blockchain, rien ne s’efface vraiment. Les fonds peuvent dormir pendant des années, ils restent visibles, suivis, analysés. Et quand des sommes pareilles sont en jeu, les regards les plus puissants finissent toujours par s’y intéresser.
Que l’on parle de vol ou de saisie, l’affaire illustre surtout à quel point le bitcoin est devenu un objet géopolitique à part entière. Loin de l’image d’une monnaie marginale, ces 13 milliards de dollars se retrouvent au centre d’un conflit entre deux États. La suite dépendra autant des analyses techniques que des rapports de force entre Pékin et Washington.
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