Une coque de liseuse en forme de pistolet suffit à montrer pourquoi filtrer les imprimantes 3D ne marchera pas
Luke Blackford, un bricoleur de Louisville dans le Kentucky, a imprimé en 3D une coque en plastique pour sa liseuse Xteink X4. Elle a la forme d’un pistolet. La liseuse vient se loger sur la glissière, avec une découpe sur le côté pour atteindre les boutons.
Ça ne tire pas. La détente ne fait rien du tout, seul le corps a été modélisé d’après une vraie arme. Il a baptisé son objet le Gundle, contraction de gun et de Kindle, et le présente comme la liseuse parfaite pour lire en public.
Derrière la blague, il y a un vrai sujet. L’État de New York a intégré à son budget, signé fin mai, une obligation qui vise directement les imprimantes 3D. Les fabricants et les vendeurs devront équiper leurs machines d’une technologie de blocage : un logiciel qui analyse chaque fichier avant impression, le passe dans un algorithme de détection de plans d’armes, et refuse tout ce qui ressemble à une arme ou à une pièce d’arme.
Le texte n’est pas encore appliqué. Un groupe d’experts doit d’abord fixer les normes techniques, et l’obligation n’entrera en vigueur qu’un an après. La Californie a monté son propre texte de son côté, le Firearm Printing Prevention Act, sorti des commissions en juin et toujours en attente de signature.
Pour situer le materiel dont on parle, voici le type d’imprimante 3D grand public visee par ces textes.
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Le problème, c’est qu’aucune technologie connue ne sait faire ce tri correctement. La géométrie seule ne dit pas si un objet est une pièce d’arme : un tube, une équerre, un manche de casserole partagent les mêmes propriétés qu’une pièce de pistolet. Les fabricants alertent depuis des mois sur le volume de faux positifs que ça produirait.
Et le Gundle tombe exactement dans cette zone grise. C’est une coque de liseuse, parfaitement légale, dont la forme est celle d’un pistolet. Un algorithme qui la laisse passer laisse aussi passer des pièces d’armes. Un algorithme qui la bloque interdit à un type de fabriquer un accessoire pour son bouquin.
Blackford dit ne pas avoir conçu son objet pour défier ces lois. Il précise juste qu’il est attaché aux logiciels ouverts et qu’il n’a aucune confiance dans les technologies de détection de plans d’armes. Sa coque en plastique aura fait la démonstration plus efficacement qu’un rapport.
Crédit photo : The Verge