Starlink prépare son envol en solo, loin du giron de SpaceX

Par Maxime le 17 octobre 2024 à 8h00

Starlink, le service d’accès à internet par satellite de SpaceX, avance vers une forme d’indépendance vis-à-vis de sa maison mère. L’idée n’est pas neuve : Elon Musk l’avait évoquée depuis un moment, en posant une condition simple. Une fois que Starlink dégagerait un flux de trésorerie stable, l’activité pourrait être séparée de SpaceX, avec à la clé une éventuelle entrée en bourse.

Et justement, les chiffres ont fini par suivre. En 2022, les revenus de Starlink ont été multipliés par six pour atteindre 1,4 milliard de dollars. De quoi crédibiliser le modèle économique et justifier d’aller plus loin. Musk a depuis annoncé que le service avait atteint son seuil de rentabilité, étape clé pour envisager une vie séparée.

Le rythme de déploiement explique en partie ce succès. Depuis 2019, environ 5 000 satellites ont été lancés pour bâtir la constellation. Plus elle s’étoffe, plus la couverture s’améliore, et plus la bande passante et la latence progressent à l’échelle mondiale. C’est l’argument central du service, surtout dans les zones mal desservies par les réseaux classiques.

En France et en Europe, Starlink pousse son offre vers les petites et moyennes entreprises, avec des performances présentées comme tenables même dans des conditions météo difficiles. La cible n’est pas anodine : ce sont des clients prêts à payer pour une connexion fiable là où la fibre ou l’ADSL font défaut.

TP-Link Archer MR505 (routeur 4G+)

En attendant la fibre ou le satellite, un routeur 4G dépanne bien dans les zones mal couvertes :

TP-Link Archer MR505 (routeur 4G+) → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Côté finances, les investisseurs guettent l’introduction en bourse. Starlink a déjà levé 1,5 milliard de dollars, pour une valorisation autour de 125 milliards de dollars, certaines estimations grimpant même jusqu’à 150 milliards. Des montants qui donnent une idée de l’appétit du marché pour le projet, et de la pression qui pèse sur sa réussite.

L’ambition affichée va au-delà du simple accès à internet. Starlink veut aussi se positionner comme un fournisseur de connectivité mobile à portée mondiale, ce qui le détacherait encore davantage du cœur de métier de SpaceX, à savoir le lancement de fusées. Deux activités complémentaires, mais avec des logiques industrielles et financières bien distinctes.

Reste que tout n’est pas joué. Le succès à long terme dépendra de la capacité de l’entreprise à répondre aux critiques et aux défis techniques, sans parler de la concurrence qui s’organise sur le créneau du satellite. Mais la direction est claire. Starlink trace son chemin vers l’autonomie, porté par ses résultats financiers et par un projet d’IPO qui pourrait redessiner toute sa stratégie. À suivre, parce qu’une telle opération aurait des répercussions bien au-delà du seul secteur spatial.

Crédit photo : DR