SpaceX vise sa première mise en orbite avec Starship le 22 septembre
SpaceX va tenter de placer sa fusée géante Starship en orbite autour de la Terre le 22 septembre. Ce serait une première pour l’engin, après treize vols d’essai qui se sont tous arrêtés à un saut suborbital, sans jamais boucler un tour complet de la planète.
Le programme de ce quatorzième vol est maintenant connu, et il est ambitieux. L’étage supérieur, que SpaceX appelle le Ship, doit se stabiliser autour de 275 kilomètres d’altitude, soit en dessous de la Station spatiale internationale qui tourne à 400 kilomètres. Il enchaînerait ensuite six tours de la Terre, pour une mission de près de dix heures.
Le vaisseau ne partira pas à vide. Il emporte 26 satellites Starlink V3, la nouvelle génération de l’internet par satellite de la société, déployés pour la première fois sur une orbite stable où ils resteront en service. Chaque V3 apporte environ 1 térabit par seconde de débit, soit 26 térabits sur ce seul vol. C’est l’équivalent d’une dizaine de lancements de Falcon 9 avec l’ancienne génération. Le réseau aligne déjà plus de 11 000 satellites, et ce tir augmenterait à lui seul sa capacité totale d’environ 3 %.
Rien n’est joué pour autant. SpaceX prévient qu’il ne déclenchera la manœuvre d’insertion en orbite qu’après avoir vérifié en vol qu’il reste assez de redondance sur le matériel nécessaire au retour.
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Toute la difficulté est dans la descente. Après ses six tours, le Starship devra rallumer un seul de ses moteurs Raptor pour freiner, une manœuvre déjà répétée cet été, avant d’encaisser la rentrée atmosphérique jusqu’au Pacifique, à l’ouest du Chili. Les vols précédents retombaient dans l’océan Indien, au large de l’Australie.
Le treizième vol, le 24 juillet, s’était mal terminé pour le propulseur Super Heavy, posé brutalement en mer avec seulement 8 moteurs rallumés sur les 13 prévus. En cause, de la glace qui avait bouché les trois moteurs centraux. SpaceX a depuis revu la filtration et le logiciel de rallumage. Le bouclier thermique gagne quelques tuiles courbes et des fixations renforcées là où elles avaient tendance à se détacher.
L’enjeu dépasse Starlink. La NASA attend cette fusée pour reposer des astronautes sur la Lune avec le programme Artemis, dont le calendrier glisse déjà d’année en année.
Le tir est calé à 7h15 du matin, heure du Texas, si les autorités donnent leur feu vert à temps. Sinon, tout le monde revient le lendemain.
Crédit photo : SpaceX / Wikimedia Commons