Samsung et son capteur photo de 200 mégapixels pour smartphone
La course aux mégapixels dans la photo mobile a franchi un cap symbolique avec l’ISOCELL HP1 de Samsung, premier capteur pour smartphone à afficher une définition de 200 mégapixels. Un chiffre qui donne le vertige quand on se souvient qu’il n’y a pas si longtemps, on s’extasiait devant les 12 mégapixels.
Pour atteindre une telle densité, Samsung a dû réduire la taille de chaque photosite à 0,64 micron, soit l’un des plus petits jamais produits pour un capteur mobile. Le problème, c’est qu’un photosite minuscule capte moins de lumière, ce qui pénalise les photos en faible luminosité. Aligner 200 millions de pixels minuscules ne sert à rien si l’image finale est bruitée dès que le soleil se couche.
C’est là qu’intervient la technologie maison baptisée ChameleonCell. Plutôt que d’utiliser bêtement les 200 mégapixels en toutes circonstances, le capteur adapte son comportement à la lumière disponible. En plein jour, il peut exploiter l’intégralité de sa définition pour des clichés extrêmement détaillés. Dès que la lumière baisse, il regroupe les pixels voisins pour en former de plus gros, capables d’absorber davantage de lumière.
Concrètement, le capteur sait fusionner quatre pixels en un seul, ce qui le transforme en un capteur de 50 mégapixels avec des photosites de 1,28 micron. Et quand les conditions sont vraiment difficiles, il peut aller plus loin en combinant seize pixels en un, donnant une image de 12,5 mégapixels avec d’énormes photosites de 2,56 microns. Cette dernière configuration privilégie clairement la qualité à la quantité, en sacrifiant la définition pour gagner en luminosité et en propreté d’image.
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L’ISOCELL HP1 ne se limite pas à la photo. Côté vidéo, il est capable de filmer en 8K à 30 images par seconde, en s’appuyant sur la fusion de quatre pixels. La 8K reste un usage de niche, peu de gens possédant un écran capable d’en profiter pleinement, mais cela offre une marge confortable pour recadrer ou stabiliser une séquence sans perdre en netteté.
Reste une question que ce genre d’annonce remet toujours sur la table : la définition fait-elle vraiment tout en photo ? La réponse est non. La qualité d’une image dépend autant de l’optique, du traitement logiciel et de la taille globale du capteur que du nombre de pixels affiché sur la fiche technique. Empiler les mégapixels alourdit aussi le poids des fichiers et sollicite davantage le processeur du téléphone.
L’intérêt de ce capteur tient surtout dans son intelligence d’adaptation. En basculant automatiquement entre haute définition et regroupement de pixels selon la scène, il tente de réunir le meilleur des deux mondes : du détail quand la lumière le permet, de la propreté quand elle manque. C’est cette souplesse, plus que le chiffre marketing de 200 mégapixels, qui constituait la vraie avancée de l’ISOCELL HP1.
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