La France ouvre ses routes aux robots de livraison autonomes, mais leur interdit les trottoirs
C’est officiel depuis le 7 août. Un arrêté du ministère des Transports, publié au Journal officiel, homologue les robots de livraison autonomes et leur ouvre l’accès à la voie publique française. Ces engins électriques sans conducteur, ceux qui transportent des colis d’un entrepôt jusqu’à votre porte, avaient jusqu’ici un statut juridique flou. Ils ont désormais une case bien à eux dans le code de la route.
Le texte les range en catégorie L, celle des tricycles et quadricycles à moteur, aux côtés des scooters et des petits quads. Un robot livreur peut donc mesurer jusqu’à 4 mètres de long, 2 mètres de large et 2,5 mètres de haut, et embarquer jusqu’à une tonne de marchandises. On est loin de la petite glacière sur roulettes : à ce gabarit, on parle d’un vrai véhicule utilitaire miniature.
La règle la plus stricte concerne l’endroit où ils ont le droit de rouler. Pas question de les voir slalomer entre les passants. L’arrêté les cantonne à la chaussée, exactement comme les autres véhicules de catégorie L, et leur interdit formellement les trottoirs, réservés aux piétons. Un choix qui tranche avec ce qui se fait aux États-Unis, où les petits robots de Serve Robotics ou de Nuro roulent sur le trottoir au milieu des gens.
Le lidar qui guide ces robots livreurs, on le croise déjà à la maison : c’est ce que le Tesvor S4 utilise pour cartographier vos pièces et éviter les obstacles.
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Personne au volant, mais pas d’IA lâchée seule dans la nature pour autant. Chaque robot reste piloté par un opérateur humain à distance, capable de reprendre la main en cas de pépin. À bord, un attirail de caméras, de lidars et de radars, couplé à une IA embarquée qui analyse l’environnement en temps réel. Et ce sont les mairies qui garderont la main sur le déploiement : ce sont elles qui définiront les zones et les itinéraires autorisés, ville par ville.
Le ministre des Transports Philippe Tabarot défend une logistique urbaine plus propre et plus silencieuse, portée par des engins électriques plutôt que par des camionnettes diesel. L’intention est bonne. On verra comment ces robots cohabiteront avec les cyclistes et les automobilistes sur des routes déjà bien encombrées.
Côté acteurs, la France regarde ce que font déjà JD.com et Neolix en Chine, ou Nuro et Serve Robotics aux États-Unis. Localement, des prototypes existent, comme le TwinswHeel ou le Valeo eDeliver4U. Le cadre légal est posé. Manque plus que les robots dans nos rues.
Crédit photo : Illustration générée par IA