Le robot humanoïde de Xiaomi visse à 98 % de réussite, un point derrière l’ouvrier
Xiaomi vient de publier les résultats de son robot humanoïde CyberOne sur une vraie chaîne de montage de voitures électriques, et le chiffre qui ressort est de 98 % de réussite sur la pose d’écrous autotaraudeurs. Un opérateur humain fait à peine mieux, un point au-dessus.
Quatre mois plus tôt, la même machine plafonnait à 90,2 %.
Un écrou autotaraudeur, pour ceux que le terme laisse perplexe, c’est une vis qui creuse elle-même son filetage dans la pièce au lieu d’aller se loger dans un trou déjà taraudé. Il faut la présenter parfaitement droite et appuyer juste ce qu’il faut, sinon la pièce est bonne pour la benne. C’est le genre de geste répétitif et millimétré que l’industrie rêve d’automatiser depuis des décennies.
Le CyberOne a tenu trois heures d’affilée sur des pièces de plancher moulées sous pression, à raison de 76 secondes par pièce. C’est le poste le plus rapide de la ligne, ce qui n’est pas rien pour une machine qui, en 2022, savait surtout marcher sur une scène et reconnaître des émotions sur un visage.
Xiaomi explique cette progression par la fusion des données visuelles et tactiles : le robot ajuste sa prise à des pièces cannelées qui ne sont jamais tout à fait identiques d’un exemplaire à l’autre, et gère seul son équilibre pendant l’opération. Sur d’autres tâches, le tri de panneaux de console latérale et le pliage de bacs de rangement, il tourne autour de 90 %.
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La comparaison avec la concurrence a ses limites. Figure a fait tourner son Figure 02 pendant plus de vingt heures sur des tâches logistiques, AgiBot a aligné 64 heures continues avec 99,99 % de réussite sur une chaîne de tablettes. Sauf que ces démonstrations portent sur des gestes isolés dans un environnement taillé pour l’exercice, alors que Xiaomi fait travailler le sien dans une usine automobile qui produit vraiment.
Lei Jun, le patron du groupe, veut déployer un grand nombre de ces robots dans ses propres usines d’ici cinq ans. L’entreprise assume de se servir de ses lignes de production comme d’un laboratoire à ciel ouvert, ce qui a le mérite d’être honnête.
Côté portefeuille, rien à signaler : le CyberOne n’est pas commercialisé, ni en France ni ailleurs, et aucun prix n’a jamais été annoncé depuis sa présentation. Xiaomi le garde pour lui.
Reste que 98 %, c’est aussi deux pièces ratées sur cent. Sur une chaîne qui tourne en continu, ça fait beaucoup de reprises. Et l’ouvrier qu’on compare au robot, lui, sait faire autre chose que visser.
Crédit photo : Illustration générée par IA