Kodak sort un compact argentique à 35 dollars, avec le cache coulissant des années 90
Kodak vient de lancer l’EC35, un appareil photo argentique 35 mm vendu 34,99 dollars nu, ou 44,99 dollars accompagné d’une pellicule et d’une dragonne. Au Royaume-Uni, il est affiché à 34,99 livres. Aucun prix officiel en euros pour l’instant, et aucun revendeur français ne le liste : il faut passer par la boutique du fabricant ou par Amazon britannique.
Kodak, d’ailleurs, ne le fabrique pas. L’appareil est signé Reto, une société hongkongaise qui exploite la marque sous licence et qui avait déjà sorti le Charmera, ce minuscule boîtier devenu viral sur les réseaux. L’EC35 pousse la logique un cran plus loin, avec cette fois un vrai format 24×36.
Techniquement, c’est rudimentaire, et complètement assumé. L’objectif est un 25 mm à ouverture fixe f/10, l’obturateur est bloqué sur 1/100 de seconde, l’avance et le rembobinage du film se font à la main. Pas de réglage, pas de mise au point, pas d’écran. Le seul composant électronique du boîtier est le flash intégré, alimenté par une pile AA.
Le détail qui parlera aux plus de trente ans est ailleurs. Un cache coulissant vient protéger l’objectif et le viseur quand l’appareil traîne au fond d’un sac, exactement comme sur les compacts de la fin des années 90, les Olympus Mju en tête. Le geste est le même, le petit clic aussi.
Sans pellicule, l’EC35 ne sert à rien : la Kodak UltraMax 400 est justement celle que Reto glisse dans son bundle.
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Le boîtier est en plastique ABS, pèse 102 grammes et mesure 119 millimètres de long pour 65 de haut et 41,5 d’épaisseur. Sept coloris sont proposés, du noir classique au vert avocat en passant par le jaune beurre et le lavande, une palette qui vise clairement le même public que le Charmera.
Il faut quand même être honnête sur ce que produit une ouverture fixe à f/10. En plein soleil, ça passe. Dès que la lumière baisse, le flash devient obligatoire, avec le rendu frontal un peu brut que ça implique. On achète une esthétique et une contrainte, pas de la qualité d’image.
Et puis il y a le vrai coût, celui qui arrive après. Une pellicule Kodak Ultramax 400 se négocie autour de sept euros l’unité, et le développement en laboratoire tourne souvent autour d’une dizaine d’euros la bobine. Trente-six poses, et on recommence. À ce rythme, l’appareil à 35 dollars devient l’élément le moins cher de l’équation, ce qui est peut-être exactement le calcul de Reto.
Crédit photo : Kodak / Reto