Le Linksys WRT54GL, ce routeur culte des années 2000 que les bidouilleurs ressuscitent encore
Bien avant que le Raspberry Pi ne démocratise le mini-ordinateur Linux à bas prix, les bricoleurs avaient déjà leur jouet favori, un simple routeur WiFi. Le développeur Elliot Williams vient de remettre cette pratique en lumière dans un billet publié le 27 juin sur le site Hackaday.
La vedette de l’époque, c’est le Linksys WRT54GL. Ce boîtier au look reconnaissable a marqué le début des années 2000 au point de donner son nom à OpenWRT, un système Linux alternatif qu’on installe à la place du logiciel d’origine pour reprendre la main complète sur l’appareil.
Si ces routeurs faisaient autant rêver, c’est qu’ils réunissaient pour quelques dizaines d’euros ce qu’on ne trouvait nulle part ailleurs à l’époque. Du WiFi et du réseau intégrés, un vrai Linux, et surtout des broches GPIO accessibles, ces petites connexions sur lesquelles on vient brancher ses propres composants comme sur une carte Arduino.
Concrètement, dès qu’on dénichait un port série et quelques GPIO sur la carte, on tenait l’équivalent d’un Raspberry Pi avant l’heure, un mini-ordinateur Linux complet caché dans un boîtier que plus personne ne regardait.
Pour illustrer son propos, Williams ressort un projet d’octobre 2008 qui résume tout l’esprit de l’époque. Un petit robot roulant sur des roues découpées dans de vieux CD-ROM, dont le routeur pilotait les moteurs et dialoguait par port série avec un Arduino.
Le digne héritier de cette bidouille, c’est le Raspberry Pi, le mini-ordinateur à tout faire que les bricoleurs s’arrachent aujourd’hui :
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Le plus amusant, c’est qu’OpenWRT, qui tient pourtant son nom de ce routeur, ne le prend plus officiellement en charge depuis plus de dix ans. Chaque nouvelle version réclame davantage de mémoire, et la machine, conçue quand on comptait encore la RAM en mégaoctets, a fini par suffoquer.
La distribution reste malgré tout la référence pour bidouiller un routeur plus récent, avec la prise en charge de l’USB, des ports série et de nombreux périphériques réseau.
Cette nostalgie rejoint une question très actuelle. Pendant que des campagnes malveillantes comme WrtHug détournent par milliers de vrais routeurs ASUS abandonnés pour en faire des relais d’espionnage, les bidouilleurs font l’inverse, en redonnant une vie parfaitement inoffensive à du matériel bon pour la déchèterie.
Pour quelques euros et un peu de patience, transformer un vieux routeur en cerveau de robot reste l’un des passe-temps les plus malins qui soient. Difficile de bouder ça.
Crédit photo : Illustration générée par IA