La France autorise enfin les premiers essais sur route du Tesla FSD, deux mois après l’avoir jugé trop risqué
Coup de théâtre côté conduite autonome. Le 2 septembre, le ministre des Transports Philippe Tabarot a donné son feu vert aux premiers essais sur route ouverte du Tesla FSD, ce fameux système de conduite automatisée que la marque promet depuis des années. Deux voitures équipées ont été mises à disposition par Tesla pour l’occasion. « Nous entrons dans une nouvelle phase : celle des essais sur route », a résumé le ministre.
FSD, pour Full Self-Driving Supervised, c’est le nom du logiciel qui gère seul l’accélération, le freinage et la direction, y compris en ville. Le mot important reste « supervisé » : le conducteur garde l’entière responsabilité légale et doit surveiller la route en permanence, prêt à reprendre le volant à tout instant. On est encore loin de la voiture qui roule pendant que vous dormez.
Le revirement, voilà ce qui interpelle. En juillet, ce même ministère avait refusé d’homologuer le système, estimant les garanties de sécurité insuffisantes, notamment sur le respect des limitations de vitesse et sur les alertes d’inattention du conducteur. Deux mois plus tard, après un échange qualifié de « constructif » entre Philippe Tabarot et Elon Musk un mercredi soir, la porte s’entrouvre. Un responsable du ministère précise même qu’à ce jour, aucun point de blocage insurmontable n’a été identifié.
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Reste un vrai casse-tête réglementaire. En Europe, un véhicule semi-autonome ne doit jamais dépasser la vitesse autorisée. Or les données de Tesla montrent que ses voitures peuvent le faire dans certains cas, un écart qu’il faudra corriger avant toute homologation. La France mène donc ses propres essais pour vérifier les chiffres transmis par Tesla et par les Pays-Bas, avec l’idée de boucler tout ça d’ici la fin du mois, en vue d’un vote européen attendu cet automne.
La France arrive quand même en retard. Cinq pays ont déjà autorisé le FSD Supervised depuis le début de l’année : les Pays-Bas en avril, puis l’Estonie, la Belgique, la Lituanie et le Danemark. Chez nous, le grand public n’y a toujours pas accès. Et quand il y aura droit, la facture sera claire : Tesla a supprimé l’achat définitif à 7 500 euros en mai, il ne reste que l’abonnement à 99 euros par mois, ou 49 euros pour ceux qui ont déjà l’Autopilot amélioré.
Crédit photo : Chanokchon (CC BY-SA 4.0)