Une carte SIM nano posée à côté d'un smartphone éteint sur fond gris

La France a perdu 170 000 cartes SIM en trois mois, et ce sont les prépayées qui trinquent

Par Maxime le 31 juillet 2026 à 12h33

L’Arcep vient de publier son observatoire du marché mobile, et un chiffre saute aux yeux : la France comptait 84,7 millions de cartes SIM en service fin juin, soit 170 000 de moins qu’au trimestre précédent. Pour un marché qui n’a fait que grossir pendant des années, la petite inflexion mérite qu’on s’y arrête.

Le recul ne touche pas tout le monde de la même façon. Les cartes prépayées, celles qu’on recharge sans engagement, ont fondu de 283 000 unités en trois mois. Elles ne pèsent plus que 8 % du marché en métropole, et leur dégringolade n’a rien d’un hasard : une grosse partie de ces cartes dormaient dans de vieux téléphones, inactives, encore accrochées à la 2G ou à la 3G. Les opérateurs font le ménage.

Car c’est là le vrai moteur de l’histoire. La 2G et la 3G, déployées dans les années 1990 et 2000, vivent leurs dernières années : leur extinction est programmée en France entre 2026 et 2029, chaque opérateur ayant fixé son propre calendrier. Fin mars, l’Arcep dénombrait encore près de 4,5 millions de cartes SIM logées dans des terminaux incapables de capter la 4G ou la 5G. Le régulateur pousse d’ailleurs pour que le rythme des résiliations s’accélère, histoire que plus personne ne se retrouve coupé du réseau le jour où l’ancien standard s’éteint pour de bon.

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Alors que le prépayé s’effondre, les forfaits classiques continuent de grimper : 113 000 cartes gagnées sur le trimestre, dont 50 000 chez les particuliers. Le segment professionnel se porte bien aussi, avec 12,2 millions de cartes en entreprise, 60 000 de plus, soit 14 % du marché hors objets connectés. Le mobile ne recule donc pas vraiment. Il se nettoie et se recompose.

Reste le gros morceau, celui qu’on ne voit jamais : les 26 millions de cartes dédiées aux objets connectés, compteurs, alarmes, voitures, capteurs en tout genre. Ce parc-là gonfle doucement, 80 000 unités de plus, et c’est justement lui qui inquiète le plus l’Arcep, parce que beaucoup de ces machines tournent encore sur la 2G et ne se mettent pas à jour toutes seules.

Au fond, ces 170 000 cartes en moins ne racontent pas un désamour pour le mobile. Elles racontent la fin d’une époque technique, et le grand tri qui va avec. On en reparlera à mesure que les réseaux historiques s’éteindront.

Crédit photo : Illustration générée par IA