La 6G se prépare déjà, alors que la 5G n’a pas tenu ses promesses
On vous parle à peine de 5G tous les jours que voilà déjà la 6G qui pointe le bout de son nez. Enfin, façon de parler. Neuf pays viennent de signer une déclaration commune pour s’entendre sur les grandes lignes de cette future génération de réseaux mobiles. Parmi les signataires, on retrouve des poids lourds comme les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, le Japon et la France.
L’idée n’est pas de lancer la 6G demain matin, mais de se mettre d’accord très en amont sur la direction à prendre. Le texte, mis en avant notamment par la Maison Blanche, pose six principes. La confiance et la sécurité nationale, la protection de la vie privée, des standards conçus avec le secteur industriel, l’encouragement à l’innovation, une connectivité accessible et durable, et une meilleure utilisation du spectre radioélectrique. Le tout devrait s’appuyer sur un cadre de normes internationales, probablement piloté par le 3GPP, l’organisme qui regroupe déjà les principaux acteurs de la normalisation télécom.
Derrière les bonnes intentions, il y a surtout de la géopolitique. Cette déclaration est avant tout une réponse à la Chine. Pékin a investi massivement dans la 5G et compte bien rééditer l’opération avec la 6G, en pesant sur les standards mondiaux. Les neuf signataires veulent éviter de se faire dicter les règles du jeu, et ils s’organisent donc dès maintenant pour garder la main sur la définition de la prochaine génération.
Pour suivre où en sont vraiment la 5G et la 6G, ce petit ouvrage fait le tour des générations mobiles.
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Le problème, c’est que toute cette agitation autour de la 6G arrive alors que la 5G n’a pas vraiment révolutionné nos usages. On nous avait promis monts et merveilles, et dans les faits, l’utilisateur lambda voit surtout un logo qui change en haut de son écran. La vraie bascule est censée venir de la 5G SA, dite Standalone, un réseau 5G qui ne s’appuie plus du tout sur les antennes 4G existantes. C’est elle qui doit enfin débloquer les fameux avantages vantés par les opérateurs : latence très faible, gestion fine des objets connectés, découpage du réseau en tranches dédiées.
Autrement dit, on commence à dessiner la 6G alors que la 5G, dans sa version la plus aboutie, est encore en train de se déployer. Ce n’est pas forcément choquant, la recherche et la normalisation prennent des années, et il faut bien lancer les travaux quelque part. Mais ça donne cette impression bizarre de courir après la génération suivante avant d’avoir profité de l’actuelle.
Concrètement, n’attendez pas de 6G dans votre poche avant un bon moment. On parle ici d’orientations, de principes et de positionnement stratégique, pas d’un produit. Pour l’instant, la seule chose qui change vraiment, c’est la liste des pays qui veulent peser sur la suite. Et la 5G, elle, a encore largement le temps de prouver ce qu’elle vaut.
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