Fuites de données : pour l’UFC-Que Choisir, le risque zéro n’existe pas
Les fuites de données personnelles sont devenues une banalité du quotidien numérique. Adresses mail, mots de passe, numéros de téléphone ou coordonnées bancaires se retrouvent régulièrement dans la nature après le piratage d’une entreprise ou d’un service en ligne. Face à ce constat, l’UFC-Que Choisir tient un discours sans détour : le risque zéro n’existe pas, et il faut apprendre à vivre avec.
Laurie Liddell, juriste au sein de l’association de défense des consommateurs, rappelle un principe simple. Toute entreprise qui collecte des données a l’obligation légale de les protéger. Mais aucune protection n’est infaillible. Même les sociétés les plus sérieuses, qui investissent dans la sécurité de leurs systèmes, peuvent être victimes d’une attaque réussie. La promesse d’une sécurité totale est une illusion, et mieux vaut en avoir conscience.
L’association ne se limite pas à un rôle de pédagogie. Elle agit aussi en justice contre les pratiques qu’elle juge illégales en matière de données personnelles. Elle a notamment déposé plainte contre TikTok, qu’elle accuse d’un manque de transparence sur l’usage des informations collectées, en particulier auprès d’un public jeune et donc plus vulnérable. La protection des mineurs revient régulièrement dans ses combats.
Puisque le risque ne peut pas être ramené à néant, l’UFC-Que Choisir insiste sur la responsabilité de chacun. Le premier réflexe consiste à réfléchir avant de partager ses données. Chaque formulaire rempli, chaque champ renseigné est une information de plus qui circule et qui pourra un jour fuiter. Limiter ce que l’on communique, c’est limiter mécaniquement les dégâts en cas d’incident.
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L’association conseille aussi de prêter attention aux sites que l’on visite et à la nature des informations demandées. Un service qui réclame des données sans rapport avec sa fonction doit éveiller la méfiance. Cette vigilance de base, souvent négligée, reste l’une des meilleures protections contre la dissémination de ses informations personnelles.
Les consommateurs disposent par ailleurs de droits concrets, souvent méconnus. Le règlement européen sur la protection des données permet à chacun de demander à une entreprise une copie des informations qu’elle détient sur lui. Il est aussi possible d’exiger leur suppression, ou de s’opposer à leur utilisation à des fins de prospection commerciale. Ces démarches s’effectuent en contactant le délégué à la protection des données de l’organisme concerné.
Le message de l’UFC-Que Choisir tient finalement dans un équilibre. Il ne s’agit pas de céder à la panique ni de renoncer aux services en ligne, mais d’adopter une attitude lucide. Les fuites continueront d’arriver, car aucun système n’est totalement étanche. La meilleure défense reste de partager le strict nécessaire, de surveiller où vont nos données et de connaître les recours disponibles. Une hygiène numérique simple, mais qui change beaucoup une fois adoptée.
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