Fortnite prête une voix générée par IA à 36 de ses personnages, Google et ElevenLabs aux manettes
Epic Games vient d’ajouter des voix générées par intelligence artificielle à 36 personnages emblématiques de Fortnite. Fishstick, Peely la banane, Cuddle Team Leader, Agent Jonesy, The Imagined : tous se mettent à parler, et surtout à répondre.
Le studio prépare une fonction baptisée « conversations » qui arrivera le 30 juillet. L’idée, c’est de rendre les PNJ, ces personnages non-joueurs qui peuplent les décors, capables de tenir un vrai dialogue en temps réel avec le joueur. Vous leur posez une question, ils répondent avec leur caractère.
Techniquement, deux briques se répartissent le boulot. Google Gemini gère la partie cerveau, le modèle de langage qui comprend ce que vous dites et fabrique la réponse. ElevenLabs et son moteur Eleven V3 s’occupent de la voix, c’est-à-dire la synthèse audio qui donne le grain et l’intonation. Sur les 36 personnages, 17 ont déjà une voix et une personnalité verrouillées, histoire qu’ils réagissent de la même façon d’une carte à l’autre.
Précision qui a son importance : la nouveauté ne débarque pas dans le battle royale classique. Elle vise d’abord les créateurs qui bâtissent leurs propres cartes via UEFN, l’éditeur maison de Fortnite (Unreal Editor for Fortnite). Ceux-là pourront déposer ces PNJ bavards dans leurs mondes sur mesure, sans avoir à leur écrire un script ligne par ligne. Le jeu reste gratuit, la fonction l’est aussi pour les créateurs.
Pour dialoguer avec ces PNJ nouvelle generation (ou vos coequipiers), il faut au minimum un bon micro :
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Epic insiste sur un point sensible. Les voix reposent sur des performances de comédiens professionnels indépendants, qui ont donné leur accord pour que leur travail serve à entraîner ces modèles vocaux. Formulation prudente, et on comprend pourquoi.
Parce que le sujet est miné. Le syndicat américain des acteurs, la SAG-AFTRA, avait déjà tiqué l’an dernier sur le chatbot Dark Vador intégré au jeu, y voyant une machine à remplacer les doubleurs humains. Et ce même Dark Vador s’était retrouvé à sortir des horreurs dès que des joueurs s’amusaient à contourner ses garde-fous. Confier des conversations libres à une IA devant des millions de gamins, dont beaucoup de très jeunes, ça n’a rien d’anodin.
La direction, elle, est claire. Après avoir tâté le terrain avec un personnage sous licence, Epic généralise la recette à son propre casting. Fortnite compte des dizaines de millions de joueurs et sert de plus en plus de laboratoire grandeur nature pour l’IA générative dans le jeu vidéo. La question n’est plus vraiment de savoir si ça va se répandre, mais à quelle vitesse.
Crédit photo : Illustration générée par IA