Facebook continue d’attirer des utilisateurs malgré les critiques
On répète depuis des années que Facebook serait sur le déclin, abandonné par les jeunes et miné par les scandales. Les chiffres racontent une histoire plus nuancée, et le réseau social de Meta a longtemps continué de grossir.
Sur un trimestre, le nombre d’utilisateurs quotidiens a progressé de 4 % pour atteindre 1,96 milliard de personnes. Les utilisateurs mensuels, eux, ont grimpé de 3 % pour franchir la barre des 2,94 milliards. Rapporté à une population mondiale d’environ 8 milliards d’habitants, le chiffre donne le vertige.
Côté finances, Meta a engrangé 27,9 milliards de dollars de revenus sur le trimestre, en hausse de 7 % sur un an. La rentabilité, en revanche, a souffert. Le bénéfice net a chuté de 21 % pour tomber à 7,4 milliards de dollars, ce qui n’a pourtant pas effrayé les investisseurs puisque l’action a bondi de 14 %.
Le tableau publicitaire mérite qu’on s’y attarde. Le nombre de publicités affichées a augmenté de 15 %, mais leur prix moyen a reculé de 8 %. En cause, un contexte macroéconomique tendu et les conséquences de la guerre en Ukraine, qui a notamment poussé la Russie à bloquer les services de Meta sur son territoire.
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Mark Zuckerberg, le patron du groupe, a surtout pointé la pression de la vidéo courte. Le format popularisé par TikTok a obligé Meta à riposter avec les Reels sur Instagram. Problème, ces vidéos ne rapportent pas encore autant que les formats publicitaires classiques, ce qui pèse sur les marges.
Autre épine dans le pied, les restrictions de suivi publicitaire imposées par Apple sur iOS. Depuis qu’un utilisateur peut refuser d’un simple geste d’être pisté entre les applications, le ciblage publicitaire de Meta a perdu en précision. Zuckerberg s’est tout de même voulu confiant, estimant qu’avec les bons investissements technologiques, le groupe devrait s’en sortir avec le temps.
En toile de fond, il y a évidemment le métavers. Meta continue de déverser des sommes considérables dans sa division Reality Labs, qu’il présente comme l’infrastructure des futures connexions sociales. Le pari coûte cher et reste très incertain, mais l’entreprise refuse de lâcher l’affaire.
Au final, ces résultats dessinent un géant à deux visages. D’un côté une base d’utilisateurs colossale qui résiste mieux que prévu aux annonces de déclin. De l’autre, une machine publicitaire bousculée par la concurrence, la régulation et les choix d’Apple. La croissance des utilisateurs ne suffit plus à elle seule à rassurer sur l’avenir.
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