Web apps sur iPhone : Apple coupe le robinet en Europe
Si vous aviez pris l’habitude d’épingler vos sites préférés sur l’écran d’accueil de votre iPhone, mauvaise nouvelle. En Europe, Apple a décidé de retirer le support des web apps, ces applications web qui s’installaient comme de vraies applis et tournaient en plein écran, avec notifications et pastille rouge sur l’icône. Désormais, un site ajouté à l’écran d’accueil se comporte comme un simple marque-page : il ouvre Safari et basta.
La fonction était arrivée avec iOS 16.4 et avait séduit pas mal de développeurs, parce qu’elle offrait une alternative crédible à l’App Store. Pas besoin de passer par la validation d’Apple, pas de commission à reverser, et une expérience proche d’une application native. Pour certains services, c’était même la solution idéale pour exister sur iPhone sans se plier aux règles de la firme.
La raison officielle de ce rétropédalage, c’est le DMA, le règlement européen sur les marchés numériques. Ce texte oblige Apple à ouvrir iOS à des moteurs de navigation autres que WebKit, le sien. Jusqu’ici, toutes les web apps reposaient sur WebKit, ce qui permettait à Apple de contrôler la sécurité de bout en bout. Avec l’arrivée de moteurs concurrents, la firme explique qu’elle ne peut plus garantir la même étanchéité.
Le scénario catastrophe avancé par Apple ? Une web app malveillante installée sans que l’utilisateur s’en rende compte, capable d’accéder aux données d’autres applications, ou de réclamer l’accès à la caméra, au micro ou à la position sans la moindre alerte. Construire une architecture de sécurité dédiée pour gérer ces moteurs alternatifs aurait demandé un travail colossal, juge la marque, et n’était pas réaliste compte tenu du calendrier imposé par le DMA.
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Forcément, l’argument fait grincer des dents. Beaucoup y voient surtout une manière déguisée de punir l’Europe pour sa législation, en supprimant une fonctionnalité utile plutôt qu’en investissant pour la sécuriser. Les développeurs qui avaient misé sur les web apps pour contourner l’App Store se retrouvent le bec dans l’eau, et certains crient à la mauvaise foi. Difficile de leur donner tort quand on voit que la fonction reste parfaitement disponible ailleurs dans le monde.
De son côté, Apple minimise l’impact. Selon elle, le nombre de gens qui utilisaient vraiment des web apps depuis leur écran d’accueil reste très faible. La majorité des utilisateurs ne verront donc aucune différence, et continueront d’ouvrir leurs sites comme avant. Sur le papier, c’est un changement mineur.
Sauf que symboliquement, ça pèse lourd. C’est l’un des premiers cas concrets où une loi pensée pour ouvrir l’écosystème Apple aboutit à une régression pour l’utilisateur européen. Pile ce que les détracteurs du DMA redoutaient. Reste à voir si la pression de Bruxelles poussera la firme à revenir en arrière, ou si les web apps sur iPhone resteront un privilège réservé au reste de la planète.
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