Amazon veut connecter votre smartphone par satellite et demande le feu vert pour 5 105 engins
Amazon a déposé le 24 juillet une demande auprès de la FCC, le régulateur américain des télécoms, pour lancer un réseau de 5 105 satellites capables de parler directement aux téléphones. Le projet s’appelle désormais Amazon Leo, nouveau nom de ce qui était Kuiper, et il vise une chose simple: que votre smartphone se connecte au ciel quand il n’y a plus de réseau au sol.
L’idée du direct-to-device, le D2D, c’est de se passer des antennes-relais. Pas de parabole, pas de boîtier, pas de téléphone spécial à acheter. Le satellite joue le rôle d’une tour cellulaire posée à quelques centaines de kilomètres au-dessus de vous, et n’importe quel mobile déjà équipé d’une puce satellite pourra s’y accrocher. Voix, SMS, data mobile, appels d’urgence, et même du suivi d’objets connectés pour les flottes de véhicules: Amazon promet un service complet, pas seulement le petit message de secours qu’on connaît déjà sur certains iPhone et Pixel.
Pour y arriver, l’entreprise s’appuie sur le spectre de Globalstar, un opérateur satellite qu’elle a racheté plus tôt cette année. Les 5 105 engins seraient répartis sur cinq couches orbitales pour couvrir la planète entière. Côté calendrier, il va falloir s’armer de patience: le déploiement ne commence qu’en 2028, et rien n’indique pour l’instant de date pour la France.
En attendant que les satellites parlent directement à nos téléphones, garder le contact hors réseau passe encore par un boîtier dédié comme le Garmin inReach Messenger.
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Amazon avance quand même déjà ses partenaires. Vodafone, bien implanté en Europe, figure sur la liste, aux côtés de DirecTV, du sud-africain Herotel et du réseau national australien NBN. Apple, de son côté, reste associé pour les fonctions d’urgence et d’assistance routière. De quoi laisser penser qu’un usage grand public de ce côté de l’Atlantique n’est pas exclu, même si tout reste à confirmer.
Le vrai enjeu, c’est la bagarre qui s’annonce. SpaceX a pris de l’avance avec son Starlink Direct to Cell, déjà en test avec des opérateurs, et l’américain AST SpaceMobile pousse ses gros satellites. Amazon arrive après, mais avec le poids de son cloud, de ses fusées et de ses milliards. Sur le papier, la promesse est belle: plus aucune zone blanche, où que vous soyez. La vraie question, c’est qui livrera vraiment le premier, parce qu’aligner des satellites sur une demande FCC et couvrir un randonneur perdu en Lozère, ce sont deux exercices bien différents.
Crédit photo : Amazon