Une RTX 2080 Ti avec 22 Go de mémoire vidéo, cette bidouille japonaise vise l’IA locale
Un atelier de la préfecture de Saitama, au Japon, s’est mis en tête de rouvrir une carte graphique de 2018 pour doubler sa quantité de mémoire vidéo, cette mémoire embarquée sur la carte que les Anglais appellent VRAM et qui sert à stocker les données affichées ou calculées. La GeForce RTX 2080 Ti part avec 11 Go et ressort avec 22 Go, pour 45 000 yens la modification seule, soit à peu près 282 dollars, un peu moins de 250 euros, ce qui revient autour de 25 dollars par gigaoctet ajouté au moment où les prix de la mémoire flambent un peu partout.
L’opération n’a rien d’anodin. On dessoude les onze puces d’origine, des modules GDDR6 de 1 Go chacun, on les remplace par onze puces Samsung de 2 Go, on ajuste quelques résistances sur le circuit imprimé, et tout ça ne fonctionne qu’ensuite parce qu’on installe un VBIOS adapté, autrement dit le micrologiciel interne de la carte réécrit pour qu’elle reconnaisse ses 22 Go au lieu de 11. La 2080 Ti se prête bien au jeu grâce à sa configuration mémoire un peu bâtarde de 11 Go, qui se double proprement, mais tous les modèles n’acceptent pas la manip, et l’atelier n’a reçu que 200 puces Samsung, de quoi transformer une vingtaine de cartes.
Alors, à quoi bon tout ce cirque. Pas au jeu, en tout cas, et c’est là qu’il faut être clair, parce que le bus mémoire reste figé à 352 bits, la bande passante à 616 Go/s et la puissance du processeur graphique ne bouge pas d’un poil. Aucune image de plus par seconde à en tirer.
Pour de l IA locale sans bidouille, une carte recente avec beaucoup de memoire video comme cette RTX 5060 Ti 16 Go reste la voie simple.
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L’intérêt est ailleurs, du côté de l’intelligence artificielle qu’on fait tourner chez soi, sur sa propre machine, un modèle de langage local par exemple. Là, c’est bêtement la quantité de mémoire vidéo qui décide si un modèle rentre ou pas, et passer à 22 Go permet d’accueillir des modèles compressés que 11 Go refusaient, tout en gardant l’ensemble dans la carte au lieu de déborder sur la mémoire de l’ordinateur, ce qui fluidifie nettement.
L’arithmétique se tient plutôt bien, du coup. Comptez 282 dollars la bidouille, 430 dollars pour une carte déjà modifiée, environ 500 dollars le tout avec une 2080 Ti d’occasion, quand une carte récente pensée pour l’IA avec autant de mémoire dépasse allègrement les 1 000 dollars. Sauf que voilà, l’architecture Turing date de 2018 et accuse son âge, sans les optimisations des générations suivantes. Et ça se commande sur Mercari, au Japon, donc rien en France pour l’instant, juste une curiosité à importer.