Une console Sega Mega Drive (Genesis) modele 2 avec sa manette

Sega veut rendre jouables ses 4 500 jeux, un chantier qui dépassera une carrière

Par Maxime le 23 juin 2026 à 14h12

Sega travaille à recenser puis préserver l’intégralité de son catalogue, soit environ 4 500 jeux. L’information vient de Yosuke Okunari, producteur maison depuis trente ans, dans un entretien accordé au magazine japonais Famitsu.

Okunari explique avoir constitué ces dernières années une base de données interne de tout ce que l’éditeur a publié. En écartant les portages et les remakes, il compte près de 2 800 titres distincts. En ajoutant chaque version, chaque adaptation et chaque réédition, le total grimpe à environ 4 500 entrées.

L’objectif affiché va plus loin qu’un simple inventaire. Une fois la base complète, Okunari souhaite rendre tous ces jeux entièrement jouables sur des supports modernes. Autrement dit, qu’un titre Mega Drive, Saturn, Dreamcast ou borne d’arcade reste accessible au lieu de disparaître avec son matériel d’origine.

Le producteur ne cache pas l’ampleur de la tâche. Il reconnaît qu’il prendra sans doute sa retraite avant la fin du chantier et qu’il faudra confier le travail à quelqu’un d’autre. La préservation de jeux anciens se heurte à deux murs. Le premier est technique : faire tourner un logiciel pensé pour une console des années 1990 sur une machine actuelle demande de l’émulation, parfois de la rétro-ingénierie, et un travail au cas par cas.

SEGA Mega Drive Mini 2

Pour rejouer aux classiques Sega sans bidouille, la mini-console officielle reste la valeur sure.

SEGA Mega Drive Mini 2 → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Le second obstacle est juridique. Beaucoup de vieux jeux reposent sur des licences tierces, musiques, personnages, marques ou technologies dont les droits appartiennent à d’autres sociétés. Rééditer un titre suppose de retrouver chaque ayant droit et de renégocier, ce qui rend certains jeux quasi impossibles à ressortir légalement.

Le contexte donne du relief à cette ambition. Comme beaucoup d’éditeurs, Sega retire régulièrement d’anciens jeux des boutiques en ligne quand des contrats expirent, ce qui les rend introuvables par les voies officielles. Les compilations rétro, elles, ne couvrent qu’une fraction du catalogue.

Pour l’instant, rien de concret n’est promis aux joueurs : ni service, ni calendrier, ni liste de titres. Il s’agit d’une intention de long terme, portée par une personne, plus que d’un produit annoncé. Reste que voir un éditeur de cette taille parler ouvertement de préservation à l’échelle de tout son catalogue n’est pas si courant, à l’heure où une partie du patrimoine vidéoludique s’efface faute d’entretien.

Crédit photo : Evan-Amos (Wikimedia Commons, domaine public)