IBM dévoile une puce de mainframe qui fait tourner ARM et son architecture maison sur le même cœur
IBM a présenté, lors de la conférence Hot Chips du 24 août, un processeur destiné à ses futurs gros ordinateurs qui sait faire une chose plutôt rare. Il exécute en même temps deux langages machine que tout oppose, l’architecture z maison d’IBM et l’ARM que l’on retrouve partout, du smartphone au Mac. Le tout sur les mêmes cœurs et sans émulation, donc sans le ralentissement qui accompagne d’habitude ce genre de cohabitation.
Un mot d’explication pour ceux que le terme mainframe rebute. Il s’agit du gros ordinateur central qui traite les transactions des banques, des assurances et des administrations. Quant au jeu d’instructions, c’est simplement le langage que comprend le processeur.
Concrètement, chaque cœur passe de l’ARM au z d’IBM à la nanoseconde, sans repasser par une couche de traduction logicielle. Le décodeur gère les 2 792 instructions de l’ARM v9.3, puis partage les unités de calcul et la mémoire cache avec le reste de la puce.
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La fiche technique est solide. On parle d’une gravure en 2 nanomètres, de 11 cœurs qui dépassent les 5,7 GHz, d’accélérateurs d’intelligence artificielle capables de repérer une fraude en pleine transaction et d’une puce dédiée aux entrées-sorties pour ne pas ralentir les échanges de données.
L’objectif d’IBM est clair. La firme veut accéder à l’immense écosystème ARM et à ses 22 millions de développeurs, afin de faire tourner des applications Linux modernes et des outils d’intelligence artificielle juste à côté des vieux traitements en z/OS qui font encore vivre une bonne partie de la finance mondiale. Le tout en conservant la sécurité et le chiffrement qui font la réputation du mainframe. Cette puce est le premier résultat concret du partenariat noué entre IBM et ARM au mois d’avril.
Il faut toutefois garder la tête froide. C’est une annonce, pas un produit déjà commercialisé, et il est prévu pour de futurs systèmes IBM Z et LinuxONE. Avant de voir cette puce tourner dans une banque, un long travail de certification sera nécessaire, du système d’exploitation aux pilotes en passant par les logiciels intermédiaires. Le fait qu’une application ARM existe ne garantit d’ailleurs pas qu’elle fonctionnera telle quelle sur un mainframe. On pense forcément à Apple, qui a fait basculer toute sa gamme vers ARM, sauf qu’IBM ne renonce à rien et fait cohabiter les deux mondes. Le tour de force restera réservé aux banques et aux administrations pendant un bon moment.
Crédit photo : IBM