Google retire les prix des vols et des hôtels de sa recherche en Europe, contraint par Bruxelles
Depuis le 8 septembre, une recherche de vol ou d’hôtel sur Google ne ressemble plus tout à fait à ce que les Européens connaissaient. Les petits encadrés qui affichaient un prix en temps réel, une disponibilité de chambre ou un horaire d’avion ont disparu des résultats dans l’Union européenne. À la place, Google met en avant les comparateurs et sites spécialisés comme Booking ou Expedia.
Le mécanisme est partout le même. Un moteur spécialisé remonte tout en haut de la page, deux autres services concurrents suivent avec moins de détails, puis un carrousel d’hôtels, de compagnies aériennes et de restaurants s’affiche en dessous, sans les prix instantanés d’avant. Les liens directs, les numéros de téléphone et les adresses des commerces locaux passent eux aussi à la trappe.
Google n’agit pas de gaieté de cœur. Le groupe applique le Digital Markets Act, la réglementation européenne qui lui interdit de se favoriser lui-même dans ses propres résultats. En juillet, la Commission européenne lui avait infligé une amende de 460 millions d’euros pour cette pratique, dans un paquet de sanctions qui atteignait 890 millions au total, avec un second volet de 430 millions visant Google Play. Bruxelles avait laissé soixante jours pour rentrer dans le rang.
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L’entreprise ne cache pas son agacement. Elle décrit ce remaniement comme « la plus forte baisse de qualité de service » de son moteur en vingt-neuf ans d’histoire. Google avance aussi que ses précédents ajustements liés au DMA avaient déjà fait chuter d’environ 30 % le trafic de réservations directes et gratuites pour les entreprises européennes, une façon de dire que ce sont surtout les commerces qui trinquent.
Le changement ne concerne que l’Union européenne et l’Espace économique européen. Ailleurs, l’affichage reste identique, prix et disponibilités toujours intégrés à la page. En France, en pratique, chercher un billet d’avion depuis Google renverra donc plus souvent vers un comparateur, avec une étape de plus avant de voir un tarif.
Difficile de dire qui y gagne vraiment. Les comparateurs récupèrent une visibilité qu’ils réclamaient depuis des années. L’internaute, lui, perd un raccourci bien pratique, même s’il retrouve un peu de diversité dans les sources. On jugera sur pièces après quelques semaines passées avec cette nouvelle présentation.
Crédit photo : Google