Page d'accueil du site SynthID Detector de Google, qui identifie les médias générés par IA

Google ouvre son détecteur d’images IA à tout le monde, mais il ne voit pas tout

Par Maxime le 8 octobre 2026 à 10h18

Depuis le 7 octobre, n’importe qui peut déposer une photo, une vidéo ou un fichier audio et savoir s’ils ont été fabriqués par une intelligence artificielle. Google a ouvert SynthID Detector au grand public, partout dans le monde, après l’avoir réservé pendant des mois à une poignée de journalistes et de chercheurs.

L’outil est gratuit, accessible sur le site synthid.com. Il faut juste se connecter avec un compte Google, Apple ou OpenAI. Vous envoyez votre fichier, le service l’analyse, et il vous dit s’il repère un filigrane SynthID. Ce filigrane, c’est une marque numérique que Google glisse depuis 2023 dans les contenus générés par ses propres IA.

Le principe tient en une idée. On incruste dans l’image ou le son une signature imperceptible pour nous, mais parfaitement lisible par la machine. SynthID Detector sait aujourd’hui repérer les marques posées par Google, mais aussi par OpenAI, par Nvidia et par le coréen Kakao. Apple doit rejoindre la liste prochainement.

Côté volume, les chiffres donnent le vertige. Google avance plus de 180 milliards d’images et de vidéos déjà tatouées de cette façon en trois ans, auxquelles s’ajoute l’équivalent de 240 000 ans de contenus audio. Pour une vidéo, le détecteur affiche d’ailleurs ses résultats sur deux pistes séparées, l’image d’un côté, le son de l’autre.

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Reste un gros bémol, que Google ne cherche même pas à cacher. « Ce n’est pas un détecteur d’IA généraliste », prévient l’entreprise. L’outil ne voit que ce qui porte le filigrane maison. Une image sortie de Claude, d’un modèle open source ou de n’importe quel générateur qui n’utilise pas la technologie passera donc tranquillement entre les mailles. Et l’absence de filigrane ne prouve rien du tout. Ça ne veut pas dire que la photo est authentique, seulement qu’elle n’a pas été marquée.

Pour l’instant, l’interface reste en anglais, sans date annoncée pour une version française. Le texte, lui, n’est plus pris en charge dans cette mouture publique, alors qu’il l’était dans les premiers essais de 2025.

L’intention est bonne, celle d’un guichet unique pour vérifier l’origine d’un fichier avant de le partager. Sauf que son efficacité dépend entièrement de la bonne volonté des fabricants d’IA à signer leurs créations. Tant que tout le monde ne joue pas le jeu, SynthID Detector restera un filet troué. Utile, mais à manier en sachant très exactement ce qu’il ne regarde pas.

Crédit photo : Google