Apple Music va afficher un label « Made With AI » sur les morceaux fabriqués par IA
Apple Music s’apprête à signaler à ses abonnés les chansons fabriquées par intelligence artificielle. Depuis le 20 août, la firme a prévenu par mail les maisons de disques et les distributeurs qui alimentent son catalogue : un label « Made With AI » va apparaître dans l’application, visible par tous les auditeurs, d’ici la fin de l’année.
Le principe est simple. Dès qu’une IA a contribué pour une part importante à un titre, celui qui le met en ligne devra le déclarer. Ça vaut aussi bien pour un morceau entièrement produit par un service comme Suno ou Udio que pour une chanson où la machine n’a fait qu’une partie du travail. Apple parle de tout contenu « principalement dérivé d’un service d’IA générative ». La responsabilité repose sur les labels et les distributeurs, même si la marque dit disposer de ses propres outils de détection en interne.
Ce n’est pas tout à fait nouveau. En mars, Apple avait déjà lancé ces « Transparency Tags », sauf que leur usage restait facultatif. Là, ça devient obligatoire, et surtout ça sera enfin visible côté auditeur, ce qui change tout : jusqu’ici l’étiquette pouvait exister sans que personne ne la voie.
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Pourquoi maintenant ? Parce que la plateforme croule sous la musique synthétique. D’après Apple, plus d’un tiers des morceaux téléversés chaque mois en avril étaient à 100 % générés par IA. Sauf que voilà, cette avalanche ne pèse même pas 0,5 % de l’écoute réelle. On a donc surtout affaire à des dépôts massifs pensés pour gratter quelques royalties au passage, pas à une demande du public.
Apple n’est pas la première à réagir, loin de là. Deezer, le service français, fait tourner son propre détecteur depuis plus d’un an et repère environ 60 000 titres IA par jour. Spotify, lui, appose des badges « AI Persona » sur certains profils et écarte ces contenus de ses recommandations éditoriales. La démarche d’Apple se situe entre les deux : plus ferme que son système facultatif de mars, mais loin d’une interdiction pure et simple.
Comment tout cela sera contrôlé, c’est une autre paire de manches, puisque l’étiquetage dépend surtout de la bonne foi de ceux qui déposent les fichiers. Apple n’a communiqué aucune date précise, juste ce vague « plus tard cette année ». En attendant, un abonné français y gagnera au moins une information qui manquait jusqu’ici : savoir, avant de lancer un morceau, si un humain se trouvait vraiment derrière.
Crédit photo : Apple