Voiture électrique : BYD double Tesla en Europe pour la première fois
Le symbole est fort. Pour la première fois, le constructeur chinois BYD a vendu plus de voitures 100 % électriques que Tesla sur le sol européen. Sur le mois concerné, BYD a immatriculé 7 231 véhicules électriques contre 7 165 pour la marque d’Elon Musk. L’écart est minime, à peine soixante-six unités, mais la bascule a une valeur de bascule symbolique sur un terrain que Tesla considérait comme acquis.
BYD, pour Build Your Dreams, est un géant chinois encore peu connu du grand public français il y a quelques années. L’entreprise fabrique ses propres batteries, ce qui lui donne un avantage de coût considérable, et décline une gamme très large, de la petite citadine à la grande berline. Sa stratégie en Europe est limpide : occuper le créneau du véhicule électrique abordable, exactement celui que Tesla a choisi de délaisser faute de modèle d’entrée de gamme.
Car le recul de Tesla ne tient pas qu’à la concurrence. Le constructeur américain accumule les difficultés : un catalogue vieillissant sans vraie nouveauté grand public, des aides publiques qui se réduisent dans plusieurs pays, et un patron dont l’image politique brouille la marque auprès d’une partie des acheteurs européens. À cela s’ajoute la priorité affichée d’Elon Musk pour la conduite autonome et la robotique, au détriment du renouvellement de la gamme classique.
Pour les collectionneurs curieux du constructeur chinois :
Miniature BYD Dolphin 1:18 → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
BYD, à l’inverse, déroule son offensive. Le Chinois progresse à la fois sur l’électrique pur et sur l’hybride rechargeable, une catégorie qui lui permet de contourner en partie les droits de douane renforcés que l’Union européenne a imposés aux voitures électriques venues de Chine. Le constructeur multiplie aussi les implantations locales et envisage des usines sur le continent pour échapper à ces taxes.
Cette inversion s’inscrit dans une tendance plus large : la montée en puissance des marques chinoises sur le marché européen, malgré les barrières douanières censées protéger les constructeurs locaux. BYD n’est pas seul, mais il est le plus visible et le plus agressif sur les prix.
Pour l’acheteur français, le mouvement est plutôt une bonne nouvelle. Plus de concurrence sur le segment électrique, c’est mécaniquement une pression à la baisse sur les tarifs, alors que le prix d’achat reste le principal frein au passage à l’électrique. Reste à voir si Tesla réagira avec un modèle vraiment accessible, longtemps promis et toujours pas arrivé. Le duel ne fait que commencer.
Crédit photo : DR